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24 juin 2019 1 24 /06 /juin /2019 18:15

Des garçons du comté de Carroll sont aussi répartis dans les camps d'autres états. 

Fort Sill (Oklahoma)

R. Meeks y est arrivé « après avoir voyagé de mercredi (4 heures de l’après-midi) à samedi midi.  Je pense que je vais aimer ici mais on dit qu’il y fait très chaud. J’espère ne pas y être tout l’été. Nous sommes dans le sud-ouest de l’Oklahoma (autant à l’ouest que San Antonio) pas très loin du Texas. Je suis dans un désert mais c’est une région productrice et progressive. Notre réserve s’étend sur 130.000 acres ce qui est idéal pour l’artillerie. Il y a plein d’avions ici et plusieurs gars de ma connaissance volent. »

« Je suis à Quantico (Virginie) depuis une semaine après avoir laissé Santiago le 4 de ce mois. J’ai fait une agréable traversée. Je me sens comme à la maison sur un bateau. J’avais été plusieurs fois à la mer l’année dernière et j’ai le fou-rire à chaque fois que je vois les autres penchés au-dessus de la mer et qui nourrissent les poissons. Je n’ai jamais eu le mal de mer...
« Je suis à Quantico (Virginie) depuis une semaine après avoir laissé Santiago le 4 de ce mois. J’ai fait une agréable traversée. Je me sens comme à la maison sur un bateau. J’avais été plusieurs fois à la mer l’année dernière et j’ai le fou-rire à chaque fois que je vois les autres penchés au-dessus de la mer et qui nourrissent les poissons. Je n’ai jamais eu le mal de mer...

« Je suis à Quantico (Virginie) depuis une semaine après avoir laissé Santiago le 4 de ce mois. J’ai fait une agréable traversée. Je me sens comme à la maison sur un bateau. J’avais été plusieurs fois à la mer l’année dernière et j’ai le fou-rire à chaque fois que je vois les autres penchés au-dessus de la mer et qui nourrissent les poissons. Je n’ai jamais eu le mal de mer...

...Nous arrivâmes par New York et  suis allé dans ses plus grandes structures : les ponts de Brooklyn et de Manhattan ainsi que son métro. Je reviens du YMCA Miss Lillian Russell tint un intéressant discours aux Marines. Ce camp est un paradis comparé à celui de Cuba. Chaque fois que nous passons à table, viennent les mêmes remarques : « Quelles vacances ! ». Nous mangeons au même mess que les officiers.

Je pense effectuer la traversée de la grande mare* bleue avant Noël mais quel que soit l’endroit où j’irai, je veux le Free Press avec moi. » W.A. Brock (08/18)

* Les Américains désignent très souvent l'Océan Atlantique comme la "mare" (pond).

NDLR

Charleston

E.P. Caldwell écrit à l’éditeur du journal : « Accordez-moi quelques lignes pour mes amis. Je veux leur dire que je suis en bonne santé et heureux de vivre. J’avais écrit il y a quelques temps au journal et j’ai reçu plusieurs lettres de filles et garçons sans le temps d’y répondre. J’écris donc au Free Press (le meilleur journal de Carroll County). La première émanait de Sarah Hearn disant que le hameau de Burwell avait ramassé $50 pour « Cross of Mercy »*.  Il serait bon que les gens du comté donnent tout ce qu’ils peuvent car à quoi sert l’argent si on ne l’utilise pas correctement ? C’est un moyen d’aider un garçon à ne pas souffrir...

E.P. Caldwell écrit à l’éditeur du journal : « Accordez-moi quelques lignes pour mes amis. Je veux leur dire que je suis en bonne santé et heureux de vivre. J’avais écrit il y a quelques temps au journal et j’ai reçu plusieurs lettres de filles et garçons sans le temps d’y répondre. J’écris donc au Free Press (le meilleur journal de Carroll County). La première émanait de Sarah Hearn disant que le hameau de Burwell avait ramassé $50 pour « Cross of Mercy »*. Il serait bon que les gens du comté donnent tout ce qu’ils peuvent car à quoi sert l’argent si on ne l’utilise pas correctement ? C’est un moyen d’aider un garçon à ne pas souffrir...

 * Malgré nos recherches, nous n'avons pu retrouver trace de cette opération. NDLR

Mes amis, si vous me voyiez ! Je suis maintenant cuisinier au mess des officiers depuis 21 jours. Je pense avoir une permission demain pour la première fois. Je la mettrai à profit pour aller voir Earl Griffin grâce à l’adresse que sa sœur m’a envoyée.

J’aurais aimé être à la rencontre à l’Eglise Beulah la semaine prochaine. J’espère que l’on ne m’oubliera pas dans les prières.

Si ceci est imprimé, j’écrirais encore. » (08-18)

«  Depuis que je suis arrivé jeudi, j’ai fait beaucoup de choses que je n’aurais jamais pensé faire comme dormir dans un hamac ou me coucher (me lever) au son de la musique. Nous avons un joli mess et de bonnes choses à manger. Je m’amuse bien et je profite bien de la vie. Mes amis, envoyez-moi un déluge de lettres et je vous dirai ce que j’ai appris dans la marine. Je suis ici à cause du kaiser et si j’en ai l’occasion, je lui écraserai le nez. J’espère être dans un sous-marin avant la fin de la guerre. Si vous pensez à vous engager, faites-le dans la marine, la première ligne de défense. Je vous laisse car le clairon sonne. » (E.P. Caldwell)

Hôpital de Fort Revere, Massassuchet

« Alors que je suis en charge cette nuit des malades d’Oncle Sam, je ne peux m’empêcher de penser aux bons vieux jours parmi les « champs rouges de Carroll ». Je pense parfois que c’était mes meilleurs jours. Cependant, il y a ici 4 gars de Carroll donc je ne suis pas entièrement perdu. Vous pensez comme je suis bien avec eux pour me redonner le moral. Quand vous êtes un peu triste ce qui arrive à chaque soldat, je suppose, on peut leur parler de ses ennuis mieux qu’on ne le ferait à des étrangers. Mon travail à l’hôpital est très intéressant. Nous avons des conférences à propos des maladies, médicaments et comment les employer. Ça me rappelle l’école à Bowdon.

Nos tentes sont plantées sur la côte du port de Boston et chaque nuit nous entendons rugir les vagues. Vous pourriez rire d’apprendre combien je me suis senti mal à l’aise la première nuit de brouillard que j’ai passée ici. Réveillé par la corne de brume, j’ai pensé que nous subissions une attaque de sous-marin. J’ai été rassuré quand j’ai appris ce que cela signifiait...

 

William HIram AYERS

 

Deux garçons de Carroll County

...C’est un difficile moment de passer de l’état de civil à celui de soldat mais je suis fier de porter un uniforme pour le bien de mon pays. Non pas que j’apprécie la guerre mais je veux aider nos alliés dans leur combat pour l’indépendance. Servir pour le droit est la seule chose qui en vaille la peine de toute façon.

Les mardis soirs, les soldats défilent dans la petite ville, les compagnies d’abord suivies du corps médical. Cela rend le soldat fier d’être à l’armée et il essaye de se montrer sous son meilleur jour. Il aimerait que ses parents soient là. Mes amis, considérez cette lettre comme la vôtre et répondez-lui en conséquence. Je n’ai pas le temps d’écrire à tous mais je serai ravi d’avoir de vos nouvelles. Pendant que nous combattons pour notre pays, je vous prie de ne pas nous oublier. Priez que Dieu prenne soin de nous et qu’il nous guide vers la victoire. » (M. A. Mc Kibben-08/18)

« Maman, je veux te parler de la Croix Rouge, la plus grande organisation du monde pour les soldats. Ils nous rencontrent dans chaque ville avec des glaces, du gâteau, des cigarettes et cigares et d’autres choses. » (R. Lyle – 07/18)

« J’étais à la maison pendant quelques jours et j’ai tellement mangé que je suis revenu malade au camp. J’ai revu bon nombre de mes amis mais moins que ce que j’aurais voulu car j’étais retenu par ma mère et à la maison d’une certaine fille. C’était très dur de dire au-revoir à tous mais comme l’a dit Sherman « La guerre, c’est l’enfer » aussi quand le devoir nous appelle, nous devons y aller.

C’est notre jour de paye mais je ne l’ai pas encore reçue. Oncle Sam, il faut me payer demain car avec 15 cents, je ne peux pas m’acheter du savon pour garder blancs mes pantalons. » (E.P. Caldwell – 09/18)

Camp Jackson (Caroline du sud)

R. M. Watson revient sur son départ : « Bien que ce soit notre devoir d’empêcher les nôtres d’être sous la férule allemande, nous ne pouvons nous empêcher d’être tristes et d’avoir le cœur brisé quand nous avons à nous séparer des êtres chers que nous aimons tant. Espérons que notre vie future ne soit pas aussi désagréable que celle de ce moment...

R. M. Watson revient sur son départ : « Bien que ce soit notre devoir d’empêcher les nôtres d’être sous la férule allemande, nous ne pouvons nous empêcher d’être tristes et d’avoir le cœur brisé quand nous avons à nous séparer des êtres chers que nous aimons tant. Espérons que notre vie future ne soit pas aussi désagréable que celle de ce moment...

Première guerre mondiale : lettres de soldats (1917 - 1918) III

...Je connais plein de gens de Bowdon mais ne suis pas capable d’écrire à tous. Qu’ils considèrent cette lettre comme adressée à chacun. Notre pratique de l’artillerie étant suffisante, nous espérons être sur la piste de nos ennemis prochainement et croyons que notre Dieu et Maitre nous donnera la victoire pour retourner à nos êtres aimés. Nous serions très contents de revenir sans perte de vies. Je ne sais pas comment je me comporterais… » (09/18)

Camp Beauregard, Louisianne

« Je devine que vous êtes en train de ramasser le coton. Je n’ai pas fait grand-chose : j’étais de garde de 7 heures du matin à 4 heures de l’après-midi. C’est suffisant ! Gardant un entrepôt, je n’avais pas à marcher. Facile. Je pense que cette infirmerie N˚71 sera en France à Noël. Ne vous en faites pas pour moi car si c’est la volonté de Dieu, je reviendrai et nous serons heureux. Dieu prendra soin de mon frère et moi, ici et de l’autre côté. Je ne pense que ce sera long pour les Sammies d’atteindre Berlin...

« Je devine que vous êtes en train de ramasser le coton. Je n’ai pas fait grand-chose : j’étais de garde de 7 heures du matin à 4 heures de l’après-midi. C’est suffisant ! Gardant un entrepôt, je n’avais pas à marcher. Facile. Je pense que cette infirmerie N˚71 sera en France à Noël. Ne vous en faites pas pour moi car si c’est la volonté de Dieu, je reviendrai et nous serons heureux. Dieu prendra soin de mon frère et moi, ici et de l’autre côté. Je ne pense que ce sera long pour les Sammies d’atteindre Berlin...

...J’ai beaucoup apprécié les photos que tu m’as envoyées Maman. Ce matin, mon sergent a visité la tente et est resté un bon moment pour une agréable conversation. J’ai bien reçu le rasoir. J’espère avoir de vos nouvelles bientôt. » (C.C. Hogan – 09/18)

...J’ai beaucoup apprécié les photos que tu m’as envoyées Maman. Ce matin, mon sergent a visité la tente et est resté un bon moment pour une agréable conversation. J’ai bien reçu le rasoir. J’espère avoir de vos nouvelles bientôt. » (C.C. Hogan – 09/18)

« Flora, je travaille 10 heures par jour, pas trop mais de service pendant tout ce temps. Je m’occupe de 25 hommes pratiquement tous fous. Je dois m’occuper de les nourrir en allant au mess pour prendre leur repas. Certains sont si fous qu’ils ne peuvent manger seuls. Il y en a un que je nourris par le nez. C’est pitoyable. Tu penses que je suis en grand danger au milieu de tous ces fous. Pas du tout car en permanence il y a deux gardes avec des épées et des fusils capables de les stopper avant de nous faire du mal. Deux infirmières de la Croix Rouge sont aussi présentes pour leur administrer des médicaments. Je pense que la guerre est bientôt finie. Néanmoins, je ne pense pas te revoir avant le départ, certainement avant la fin du mois. En partant d’ici, nous irons à New York. C’est la pire des choses à m’arriver mais je m’y prépare en faisant confiance à Dieu. Il me ramènera sans encombre à la maison. Flora, envoie-moi une de tes photos. Fais de beaux rêves. Ton mari. » (O.C. Hogan – 09/18)

« Flora, je travaille 10 heures par jour, pas trop mais de service pendant tout ce temps. Je m’occupe de 25 hommes pratiquement tous fous. Je dois m’occuper de les nourrir en allant au mess pour prendre leur repas. Certains sont si fous qu’ils ne peuvent manger seuls. Il y en a un que je nourris par le nez. C’est pitoyable. Tu penses que je suis en grand danger au milieu de tous ces fous. Pas du tout car en permanence il y a deux gardes avec des épées et des fusils capables de les stopper avant de nous faire du mal. Deux infirmières de la Croix Rouge sont aussi présentes pour leur administrer des médicaments. Je pense que la guerre est bientôt finie. Néanmoins, je ne pense pas te revoir avant le départ, certainement avant la fin du mois. En partant d’ici, nous irons à New York. C’est la pire des choses à m’arriver mais je m’y prépare en faisant confiance à Dieu. Il me ramènera sans encombre à la maison. Flora, envoie-moi une de tes photos. Fais de beaux rêves. Ton mari. » (O.C. Hogan – 09/18)

« Nous avons reçu nos demandes de permission et suis désolé de dire qu’elle a été refusée. Les officiers disent que nous avons besoin de pire qu’à la ferme. Donc, je veux faire ma part pour hâter la fin de la guerre qui ne devrait pas durer très longtemps si l’on en croit les journaux.

Maman, tu me demandais combien j’aime cette place. Je l’aime bien mais ne peux t’en dire beaucoup plus car depuis notre arrivée, nous avons été surtout confinés dans les rues de la compagnie. Nous avons été libérés aujourd’hui et nous pouvons aller partout au dehors.  Chaque soir, nous avons la permission d’aller à la ville distante de 3 miles. C’est une ville d’une bonne taille avec des tramways.

Merci de ce que vous avez fait pour moi. » (O.C.Hogan – 08/18)

De l’hôpital du Camp Beauregard en Louisiane, C. C. Hogan se demande ce que font les gens de Carroll au même moment. « Je suppose qu’ils sont en train de ramasser le coton comme les gens d’ici.

Je suis à l’armée depuis le 15 juillet et j’aime ça chaque jour un peu plus même si j’ai parfois le mal du pays. Cependant, je peux en parler avec mon frère et deux jeunes hommes de Carroll présents. C’est réconfortant. J'espère que ce ne sera pas très long de chasser le Hun pour pouvoir revenir à la maison.

Mes compagnons de tente reçoivent le Free Press chaque semaine et prennent beaucoup de plaisir à le lire. J’aime ce nom car la liberté de parole et de presse sont ce pour quoi nous nous battons. »

A suivre

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