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28 juillet 2019 7 28 /07 /juillet /2019 21:05

Outre Atlantique (over there)

Dans la plupart des courriers retrouvés, les soldats ne se plaignent pas de leur sort. « Je me trouve  généralement en bonne santé même si dans mon cas, je viens de passer 21 jours en hôpital pour cause d’oreillons et de pneumonie. J’apprécie l’attention que l’on m’a portée à ce moment. Je me trouve bien logé, bien nourri et j’apprécie mon lieu de casernement ». (JC Holland – 08-18).

« Pour $5000, j’ai contracté une assurance sur la vie et en cas de handicap total. » (JC Holland-11/17).

« J’ai passé un bon Noël grâce à la Croix Rouge et au YWCA avec de la dinde au diner et quelques beaux cadeaux. » (J.C. McElroy-01/18)

« J’ai passé un bon Noël grâce à la Croix Rouge et au YWCA avec de la dinde au diner et quelques beaux cadeaux. » (J.C. McElroy-01/18)

« Je ne me plains pas du tout de mon traitement : j’apprécie mon nouveau cadre de vie même si celle-ci est différente et je n’ai pas le mal du pays. J’apprécie la rencontre avec les autres soldats. Même si la traversée a été longue et fatigante, tout s’est bien passé. Je suis même devenu « gras comme un cochon, sans doute parce que je n’ai pas, contrairement  à mes compères, « nourri les poissons »… Mon capitaine traite bien ses hommes. J’ai suffisamment à fumer et de quoi me vêtir. Mes quelques plaintes concernent le manque de tabac à chiquer, la cherté des bonbons et les oreillons qui ont atteint quelques soldats. » (H.N. Brock-11/17,12/18)

« Je ne suis pas intéressé par les filles et les veuves françaises… » (HN Brock 11-17)

En janvier 1918, J.C. McElroy « a passé un bon Noël grâce à la Croix Rouge et au YWCA avec de la dinde au diner et quelques beaux cadeaux ».

J.C. Holland, bien qu’il ait « passé un bon Noél avec un sapin pour les réfugiés et les enfants français, ne peut s’empêcher de repenser aux précédents. Donc, afin de hâter son retour, il prend la résolution « d’être un meilleur soldat et de tuer plus cette année que l’an passé !»

Il a reçu des photos et des lettres et redemande des deux. » (01/18)

H.N. Brock informe son père que « les soldats arrivent en grand nombre en France. Envoyez-moi des journaux et magazines, rareté outre-Atlantique. Les commerçants nous font payer 3 fois plus cher les produits que les Français. Nous sommes payés en Francs. D’après un soldat français revenant des tranchées, les Allemands sont effrayés par les Américains. » S’ensuit une intéressante comparaison entre attelages de ferme américains et français. (02/18)

H.N. Brock informe son père que « les soldats arrivent en grand nombre en France. Envoyez-moi des journaux et magazines, rareté outre-Atlantique. Les commerçants nous font payer 3 fois plus cher les produits que les Français. Nous sommes payés en Francs. D’après un soldat français revenant des tranchées, les Allemands sont effrayés par les Américains. » S’ensuit une intéressante comparaison entre attelages de ferme américains et français. (02/18)

J.C. Holland répond au courrier de son frère : « Le mauvais temps que vous avez n’est rien à côté du nôtre. Je ne suis pas encore allé à Paris mais j’irai si j’en ai la chance. » (02/18)

J.S. Robertson décrit « les repas comme bons et le travail léger. Notre souci est le courrier qui ne peut être aussi rapide et fréquent qu’aux USA. Même une carte postale à 1 cent est très appréciée. Les Français sont très polis avec nous et nous regardent passer dans les villages. » (02/18)

HH Richards présente à sa sœur son emploi du temps « Après une bonne journée de travail et le souper, j’ai le temps d’écrire avant que le soleil ne se couche. Nous avons de longs jours ici et de courtes nuits. Après le souper, nous pouvons écrire à la maison, aller en ville, faire notre lessive, aller au YMCA, jouer au ballon, voir un spectacle ou avoir d’autres amusements. Tu vois que pour ce qui est de passer notre temps, nous avons plein de possibilités.

J’ai entendu hier soir une jeune belge raconter ses souffrances endurées par elle et son petit pays. Les enfants y récitent leur prière en disant « Notre Père, donnez-nous notre pain américain quotidien. » Leur ration pour un jour : une petite tranche de pain et une pinte de soupe (0,5 l). Il n’y a pas de travail et s’il y en a, on est payé 1 Franc par jour (18 cents). Prions pour que nous n’ayons pas à voir ça un jour en Amérique.

Je suis content que tu aies une nouvelle voiture. La Buick est vraiment une bonne voiture.  Je pensais que les soldats en France appréciaient tout ce qui arrivait des Etats-Unis mais maintenant je le sais d’expérience. Je me sens parfois seul mais telle est ma nature dès que je suis loin de la maison. Le travail que j’effectue chaque jour me plait. Nos jours sont longs : pas de retour avant 8 heures....

... Nous avons un YMCA proche de notre caserne semblable à celui que tu as visité. Nous en profitons car c’est un bon endroit pour les soldats durant leur temps libre. Il y a un bon spectacle ce soir comme hier.

Bien sûr que je suis encore avec Harry Griffin. Nous avons une couchette commune et nous rêvons aux futurs projets. Nous irons en ville demain soir si nous ne sommes pas trop fatigués. Tu rirais si tu me voyais essayer d’acheter quelque chose ici.

J’ai reçu une lettre ce jour d’Otis et je hais d’être loin de lui mais il arrive que les meilleurs amis soient séparés parfois. N’oubliez pas de décorer les tombes de nos parents en mai et faites-le pour moi.

Notre frère Wiley semble attendre une grosse récolte de sirop cette année mais dis-lui de prendre du repos et de ne pas trop travailler. »

« Ce jour est celui où l’on peut écrire à sa mère si l’on en a une ce qui n’est pas mon cas. Depuis que nous avons célébré la fête des mères l’an passé, j’ai perdu la meilleure au monde, passé 9 mois dans l’armée dont 6 en France. Considérons ce que les prochains 12 mois vont nous apporter : personne ne le sait mais chacun espère qu’une paix durable adviendra. Quand je vois les autres de l’escadron écrire à leur mère, j’ai le cœur serré. Toutefois je n’oublie pas ses leçons. Aujourd’hui, les dames du YMCA nous servent des doughnuts comme les font nos mamans mais ça ne nous empêche pas de penser à ceux qui sont à la maison. » J.C. McElroy

« Ce jour est celui où l’on peut écrire à sa mère si l’on en a une ce qui n’est pas mon cas. Depuis que nous avons célébré la fête des mères l’an passé, j’ai perdu la meilleure au monde, passé 9 mois dans l’armée dont 6 en France. Considérons ce que les prochains 12 mois vont nous apporter : personne ne le sait mais chacun espère qu’une paix durable adviendra. Quand je vois les autres de l’escadron écrire à leur mère, j’ai le cœur serré. Toutefois je n’oublie pas ses leçons. Aujourd’hui, les dames du YMCA nous servent des doughnuts comme les font nos mamans mais ça ne nous empêche pas de penser à ceux qui sont à la maison. » J.C. McElroy

J. S. Robertson nous parle de « La vie en France qui n’est pas qu’obus et bombes les genoux enfoncés dans les tranchées pleines de boue et de sang. Le sujet de cet article n’est pas la guerre ou des machines volantes mais les attractions civiles. Maintenant que l’été est là, beaucoup peut être accompli : les chemins sont bien tracés et délimités par des cailloux blancs, les espaces libres des terrains d’aviation ont été joliment transformés. Ceci est la fierté des aviateurs américains que d’être comme à la maison. Ceci se poursuit dans leurs cabanes où ils ont fait des casiers, des bibelots  et des milliers de choses pour être plus à l’aise. Les terrains de sports sont bien entretenus et très fréquentés par la majorité des hommes sans doute pendant qu’à la maison, nos êtres chers pensent que nous sommes au milieu d’une bataille sanglante...

...Les baraquements de la Croix Rouge et du YMCA sont les meilleurs amis que l’on peut avoir ici car on peut y rencontrer de vraies femmes à qui parler et qui nous comprennent et chiquer ou fumer avec nos copains...

...Les baraquements de la Croix Rouge et du YMCA sont les meilleurs amis que l’on peut avoir ici car on peut y rencontrer de vraies femmes à qui parler et qui nous comprennent et chiquer ou fumer avec nos copains...

  ...D’un autre point de vue, être en France est une grande expérience qui fera de votre fils un homme. Dire que « l’armée fera ou défera un homme » est faux. Elle fera ressortir ce qu’il y a de bon en lui. Il reviendra plus fort mentalement à cause de l’éducation au monde et moralement. L’armée lui donne une plus grande expérience du bien et du mal, de ce qui est important dans la vie. Votre garçon est une part importante d’une grosse machine et il en est fier.

Ce ne sont là que quelques phrases destinées à mettre un peu de baume au cœur des mères et des amis. Ce n’est pas une histoire de guerre ou de machines volantes mais celle du combat pour la liberté américaine. Pour certains, la guerre est synonyme de tranchées, pour d’autres, gros canons ou encore combat dans les airs mais pour ceux qui la conduisent, ce n’est qu’une affaire. Je suis à l’hôpital américain pour l’ablation des amygdales. Je pense pouvoir en sortir dans une semaine.

Ici, nous avons les meilleurs chirurgiens au monde et les meilleures infirmières, toujours souriantes quelles que soient leurs occupations. Trois fois « hourrah » pour la Croix Rouge. Si nos compatriotes pouvaient voir ce qu’elle fait avec le YMCA pour nous faire sentir comme à la maison. Ces organisations sont les amies des soldats. Quand nous ne sommes pas au travail, quel plaisir de voir Charley au Y, danser avec une jolie infirmière de la Croix Rouge ou même jouer aux dames.

Réjouissez-vous, nous sommes heureux et nous travaillons comme des diables pour terminer ce petit travail déplaisant ici. »

« J’ai enfin trouvé le temps et une enveloppe pour vous écrire ces quelques lignes. J’espère que vous appréciez la vie. Je suis gras comme jamais.

J’ai eu une longue discussion avec Grady hier et cela m’aide beaucoup. James et lui ont passé l’après-midi avec moi. Vous voyez que j’ai pas mal d’occasions d’échanger entre anciens. J’ai aussi vu Arlin et je pense le revoir car il est près.

Je suis désolé pour la santé de tante Amanda. J’ai peur qu’elle et les autres aient une mauvaise idée de ce qui se passe ici et s’en fassent trop. J’aimerais que vous voyiez par vous-mêmes comment nous sommes situés et le peu de chance que nous soyions blessés. Bien sûr, il y a toujours un risque mais au moment où l’on va dans les villages français et où les habitants font leur travail comme à l’accoutumée, on ne croirait pas qu’il y a la guerre s’il n’y avait pas le canon occasionnellement.

Nous mangeons bien, avons suffisamment de place pour dormir, plein de distractions et pas de quoi s’en faire si ce n’est que notre famille à la maison s’inquiète de trop. De plus, cette guerre ne peut pas durer toujours. Nous pensons tous, comme un seul homme, que la fin n’est pas loin. Pensez plutôt à l’heureux moment que nous aurons quand nous reviendrons.

Votre dernière lettre datait du 25 juin alors que Grady en a reçu du 30. J’espère donc en recevoir une ou plus cette semaine. J’aurais aimé écrire plus tôt mais j’étais à court d’enveloppes et j’ai dû emprunter celle-ci.

Vous pouvez faire lire mes lettres à Ruth, Comer et les autres : qu’ils m’écrivent quand ils le sentent et je leur répondrai. » (D. McLendon-07/18)

« Je vais bien et j’espère que vous avez une bonne récolte et que Pa gère bien l’affaire. Nous n’avons pas eu de problèmes pendant la traversée. » (J.B. McWorther-07/18)

 « Il y a une semaine environ, plusieurs officiers supérieurs et moi-même avons reçu l’ordre d’aller dans une petite ville près de notre quartier général où un grand système d’écoles a été établi. Nous y avons reçu deux semaines de cours et de conférences pour nous donner les derniers développements de la guerre durant ces derniers mois pour nous permettre d’être au courant des dernières idées et méthodes de combat. J’ai laissé temporairement mon régiment aux mains du lieutenant-colonel. Nous en sommes à la moitié présentement. » (Col. E.I. Brown – 07/18)

« Tu me dis que tu me voyais grâce à ton imagination mais je suis sûr que tu ne me représentais pas tournant l’appareil à glace. Nous avions décidé que nous devions avoir des glaces. Nous nous sommes débrouillés pour avoir un congélateur et il m’est revenu d’acheter des œufs (90 cents la douzaine) et du lait. Ainsi, en fin d’après-midi, notre travail fini, notre équipe s’est retrouvée pour faire la glace. Bien que nous n’ayons pas exactement tout ce qu’il nous fallait, il ne nous a pas fallu beaucoup de temps pour avoir de la bonne glace. J’ai déjà mangé mieux mais tu sais que je suis difficile dans ce domaine.

Il viendra un jour où chacun(e) sera fier(e) de la part qu’il (elle) a pris pour aider à gagner cette horrible guerre.

J’aurais aimé que tu entendes au moins 10 minutes un de nos gars revenant du front. Vive les Américains. Ce sont de gros mangeurs et de bons combattants. » (H. Richards – 08/18)

A  suivre...

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