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25 août 2019 7 25 /08 /août /2019 22:18

La guerre vue par les soldats

 

Dans son courrier du 8 janvier, J.C. Holland se plaint du temps horrible : « Le sol est recouvert de neige depuis plus de 3 semaines et la température est en dessous de zéro* (environ -18 degres Celsius) la plupart du temps. Le matin, au lever, mes chaussures sont raides. »

Dans son courrier du 8 janvier, J.C. Holland se plaint du temps horrible : « Le sol est recouvert de neige depuis plus de 3 semaines et la température est en dessous de zéro* (environ -18 degres Celsius) la plupart du temps. Le matin, au lever, mes chaussures sont raides. »

J.C. Holland essaye d’écrire à sa sœur « à la pale lueur de la bougie et au son des canons. Je ne suis allé à l’hôpital qu’une fois cet hiver car une de mes mules m’a marché sur l’orteil. Je fais maintenant partie d’une compagnie de ravitaillement. Je suis un peu comme à la ferme. J’ai rencontré une très jolie petite française qui prenait des cours d’anglais. Je me devais de l’aider…» (02/18)

« C’est intéressant d’écouter la musique des grosses bombes au-dessus de nos têtes mais le réel sport advient la nuit quand le Hun fait des compliments à notre camp. Comme beaucoup de gens de Carrollton, j’ai toujours été un bon dormeur et hais être perturbé mais quand ces visiteurs arrivent vous êtes contents d’être réveillés avant que vous le sachiez. Nous nous réfugions dans nos abris et enfilons nos pyjamas de soldats : casque en acier, masque à gaz, chemise et pantalon de flanelle, chaussettes en laine et fusil. Ca ne dure que dix à douze minutes avant que le Hun ne change sa portée ou cesse le feu pour un moment. Alors l’endroit est aussi tranquille et paisible que Carrollton le dimanche. Nous nous rendormons avec la musique d’une mitrailleuse probablement servie par un de ceux qui ont la manie de « voir des choses » dans le noir. Nous avons eu ça deux fois quelques nuits plus tôt à 2 heures puis à 3 heures 30. Le nôtre est un gars de La Nouvelle Orléans. Le plus drôle est quand nous nous rassemblons autour du feu et que chacun a une histoire longue comme le bras qu’il nous raconte à son tour.

Nos hommes sont plutôt bien camouflés, le masque à gaz se balançant autour du cou, le casque en acier sur la tête et chacun qui le peut, porte une moustache à la Charlie Chaplin. » (R.I. Bledsoe – 01/18)

Dans sa lettre d’avril 18, B. Fleming déclare son attachement à sa maman et se révèle être très confiant sur les suites du conflit : « Nous espérons que la guerre se terminera cette année par une victoire car notre cause est juste. Ma santé est excellente et je retournerai sans encombre à la maison une fois la paix signée. »

J.C. Holland écrit à sa sœur : « Je suis content d’avoir reçu ton courrier et que tu aies passé un bon moment aux rencontres de chorales. J’aurais aimé être là alors que j’étais en train de travailler dur ce jour pour être prêt au combat. C’est un peu diffèrent de l’année dernière à la même époque, n’est-ce pas ? Pour l’instant, je m’en sors bien même si je m’en suis tiré de peu quelques fois. Une nuit, je conduisais le long du front et soudain, Fritz, devenant un peu hostile, m’envoya des obus tout autour de moi. L’un tomba si près qu’il m’a presque jeté hors de mon siège et que j’ai reçu de la boue sur moi.

Tu penses que je combats pour mon pays mais lorsque pareille aventure m’arrive, je cours pour mon pays ! C’est du sport, non ? J’arrête car bientôt, ce sera le moment de faire un de ses plaisants voyages.» (05/18)

« Je suis cantonné dans un village en ruines dans une maison bâtie en 1819. Cette part du pays n’est que ruines, des villes entières au flan des montagnes réduites en pièces ce qui en fait le plus beau paysage que j’ai jamais vu.

Nous déménageons tout le temps : deux jours est le plus que je sois resté à une même place depuis que j’ai effectué la traversée. De cette manière, je vois une grande partie du pays. J’avais une idée avant de venir mais je me suis rendu compte que je connaissais rien.

Je n’ai pas lu de journaux depuis un bon moment mais j’espère que la censure me permettra de dire que nous faisons vivre l’enfer aux Allemands.

Je pourrais écrire tout ce que j’ai vu d’intéressant mais  tout ce que je peux dire est que d’une minute à l’autre, notre sang est en feu quand il se glace une minute plus tard par ce que nous voyons.

Je vais bien, sans doute mieux même qu’aux Etats-Unis.

Le papier est rare ici alors j’espère que mes amis ne m’en voudront pas si je ne leur écris pas. » (H.D.Merrell-07/18)

« La population est pleine d’espoir et va plutôt bien. 

Les soldats américains de retour du front pour se reposer sont encourageants. Ils disent que les Allemands qu’ils ont capturés sont en mauvaise condition et que certains qui servent les gros canons sont enchainés à eux.» (J.B. McWorther-07/18)

« J’ai reçu avec un mois de retard ou plus vos deux lettres mais j’en suis content. Je suis désolé que votre récolte ait souffert de la sècheresse et j’espère que l’herbe ne l’endommagera pas.

Papa, comme tu disais, j’ai été diverti par les gros canons des alliés et les bombes des Allemands. Notre première expérience, c’était un avion allemand au-dessus d’une ville proche de nous. Nous avons déménagé dans un village plus proche. Personne n’a été blessé mais beaucoup ont eu peur. Au déplacement suivant, nous nous sommes retrouvés au milieu de notre artillerie. Je n’avais jamais entendu de telles déflagrations. Je n’ai pas pu dormir évidemment. Les Allemands ont essayé sans succès de nous bombarder. Par la suite, nous avons été de nouveau dans l’artillerie nous avons été bombardés et aussi gazés. Un de nos gars a été légèrement gazé et un sergent choqué par une bombe. Notre artillerie a changé de place et nous a laissé. Ils se retirent le plus vite possible. Nous sommes maintenant 10 à 15 miles à l’intérieur du champ de bataille. Nous avons vu des villages réduits en pièces et vu des morts français et allemands mais pas encore d’américains même si beaucoup ont déjà été tués dans cet espace. Je pense que de la manière dont nos garçons traitent l’ennemi, le kaiser n’a pas à pleurer seulement pour ses pertes humaines mais devra pleurer sur une victoire perdue. » (O. Entrekin-07/18)

« Nous avons mis les Allemands en déroute. Nous les avons fait reculer d’environ 20 miles durant les deux dernières semaines. Ils courent tant que nous ne pouvons les atteindre avec nos fusils. Je pense que nous devrions réveillonner pour Noël à la maison.

Je suis dans de bons camps avec les gars de Camp Wheeler et nous avons de gros canons. Ne vous inquiétez pas sur ce que les Allemands peuvent nous faire : ils sont en train de vaciller. » (T. Knight – 07/18)

« J’ai été au front pendant 20 jours sans encore une égratignure. Je passe un bon moment à combattre les Allemands. Tous les Américains ont peur de leur courir après : vous ne pouvez pas les retenir quelques fois.

Nous avons juste six heures de sommeil et il fait froid la nuit et chaud dans la journée comme chez nous à l’automne.

Nous avons plein à manger (soupe, chou, sirop) plus du beurre pour le petit-déjeuner et du tabac.  Nous n’avons pas beaucoup de tabac à chiquer mais des cigarettes et tu sais qu’une bonne cigarette américaine va bien après le repas. Je peux me passer du premier mais je veux ma cigarette. [CM1] » (A.M. Jordan – 08/18)


 [CM1]

« Je suppose que les journaux sont remplis des succès des Alliés lors de ces 6 dernières semaines. Nous leur faisons subir l’enfer et la raison pour laquelle ils ne s’arrêtent pas m’échappe. Ainsi aucun Hun n’est bon à moins qu’il ne soit mort. Je prie pour que notre bon travail continue. Nous sommes après eux jours et nuits mais vous savez que le Boche est très rusé en temps de guerre (pour ce faire, il est efficace et l’a prouvé). Nos garçons sont en train de leur mettre une divine trouille au cœur et je ne serais pas surpris d’apprendre un jour qu’ils ont fait des propositions de paix. Je veux aller en Allemagne pour la réduire en pièces mais je parie qu’ils vont s’arrêter avant que l’on n’y soit.

Papa, tu sais que je ne suis plus dans les ambulances. Je suis un médecin officier donc je suis près de la guerre mais sous terre, la place la plus sure alors que les bombes nous survolent en permanence. » (G. Mullins – 08/18)

« Tu me demandais ce que je faisais le 4 juillet (Fête nationale américaine). Ce fut le premier jour où j’ai été précipité au front. Je pense que je m’en rappellerai longtemps. » (G. – 08/18)

« Je n’ai pas pu vous écrire pendant les 15 derniers jours car nous combattions. J’ai eu de la chance car j’ai vu beaucoup de mes pairs tomber sur le champ de bataille. Je ne pouvais pas m’en occuper et laissais cette tâche à la Croix Rouge. Ils étaient blessés de multiples façons : certains ayant perdu leurs jambes ou leurs bras d’autres ont été gazés. Je remercie Dieu de m’avoir épargné. Je me moque de recevoir une médaille car je veux retourner aux Etats-Unis comme je suis.

Nous avons mis les Huns en déroute et espérons continuer jusqu’à la victoire. Beaucoup de garçons de Géorgie sont en train d’arriver et j’en ai vu quelques-uns ces jours. » (C. Martin – 08/18)

« Quel âge a Lish 18 ou 19 ? Il semble que le Congrès va adopter une loi pour abaisser le tirage au sort à 18 ans. Si Lish doit s’inscrire, je lui conseille de s’engager dans la marine ce qu’il y a de mieux. Il peut le faire pour la durée de la guerre.

Je travaille toujours au dépôt où la nourriture est conservée et je n’ai jamais faim. Un bateau de troupes a besoin de beaucoup de nourriture pour elles, le restant étant déchargé en France. Quand les soldats sont à bord, voici ce dont ils ont besoin journellement : 12000 livres de farine, 500 de sucre, 200 de café, 2500 de porc, 500 de haricots, 500 de fruits en boites, 500 d’avoine. Les marins et soldats américains sont les mieux nourris du monde. Quand nous sommes dans les ports français, nous en avons vu certains dans des petits bateaux venir prendre du pain pour eux-mêmes. La seule viande que vous y trouvez est le cheval. » (E. Hammond – 08/18)

« Nous revenons juste de participer à l’une des plus grandes actions de la guerre. C’est la première fois que nous étions en réelle action au front. Mon bataillon a eu de la chance : personne n’a été tué (3 ou 4 blessés légers). Notre batterie a eu seulement un blessé dans sa chair.

J’ai encore les deux mêmes questions : avez-vous reçu mes papiers d’assurance et mes allocations ? Sinon, je m’en occupe.

Je suis allé au YMCA ce matin acheter des bonbons, des gâteaux, de la soupe et des noix, les premiers depuis un certain temps. » (W. J. Warren – 09/18)

« Je suis à l’infirmerie de la base loin de la ligne de front avec une cheville foulée. J’ai affronté les bombes, les mitrailleuses et le gaz. On a eu chaud pendant un moment là-bas. Au moment de la relève pour nous reposer, je suis tombé dans un trou d’obus et « bingo », je me suis foulé la cheville. J’ai reçu les premiers secours par un homme de la Croix Rouge. Ils sont toujours prêts y compris sous les bombardements. J’ai été envoyé au poste de premier secours pour quelques jours. Je suis monté à bord d’un train médical, le meilleur que j’ai jamais vu : tout est blanc avec les lits le long des cloisons, des lumières électriques et des ventilateurs, toutes les commodités modernes pour que le blesse puisse profiter du confort. Nous avons roulé 24 heures pour être finalement entre deux draps entouré de jolies infirmières de la Croix Rouge pour veiller sur nous. Dois-je ajouter le bain chaud ce qui ne nous arrive pas souvent. La Croix Rouge nous donne tous les jours du chocolat et des cigarettes. Vous pouvez constater que l’on s’occupe bien de nous. On m’a dit qu’une cheville foulée demandait de 3 à 4 semaines de repos.

Vous êtes au courant de la grande opération du moment : nous sommes en train de renvoyer le Boche à Berlin au lieu de Paris. Vous ne me croiriez pas si je vous disais le nombre de prisonniers faits et de provisions capturées pendant leur retraite. Ils partent si vite qu’ils ne peuvent prendre tout avec eux y compris de gros canons. Les mitrailleuses sont éparpillées partout. Les prisonniers disent que l’armée allemande commence de respecter notre capacité à nous battre. Ils ne savent pas quand nous allons les frapper au moment où nous arrivons. Je n’ai pas pu utiliser ma baïonnette car au moment où vous êtes prêts, ils crient « kamerad » et je ne suis pas assez assoiffé de sang pour commettre cet acte. On a l’impression que c’est le début de la fin car les Allemands sont en déroute partout. (H. D. Merrell – 08/18)

« Grâce, nous sommes maintenant au « front » comme l’on dit. Nous faisons vivre l’enfer aux Allemands. J’étais au combat pendant 10 jours. Ce n’est plus aussi dur que ça l’a été.

J’ai vu une partie de la France et de l’Angleterre depuis que nous avons atterri ici et j’aurais quelque chose à te raconter à mon retour.

Je ne suis plus dans l’infanterie mais dans l’artillerie mais toujours conducteur.  Je transporte les munitions et je suis un peu fatigué.» (A.Jordan – 08/18)

Le 3 juin 18, le Carroll Free Press fait part de la dernière lettre de J.C. Holland (tué au combat le 21 mai 18) :

« Mon cher frère,

J’ai reçu ta lettre tant attendue et j’en ai été content. Je suis au combat maintenant et chaque nuit j’apporte de la nourriture aux combattants et ce n’est pas de la rigolade. J’ai tant perdu le sommeil et été soumis à tant d’excitation que j’en suis à moitié fou. Si ça continue je le deviendrais complètement. Imagine devoir te mouvoir dans le noir avec des trous d’obus de chaque côté et que le seul moyen de les éviter est la lueur d’un fusil ou l’éclatement d’un obus. Certaines fois, ils le font très près de nous.

Ce que je crains le plus, c’est cet affreux gaz. J’ai été attaqué par deux fois et j’ai bien cru y rester à la première. Il en tue certains mais je garde mon masque et je passe au travers.

Sans doute, je ne devrais pas t’écrire ceci mais c’est pour te faire savoir que je ne suis pas en train de pique-niquer en ce moment.

A bientôt de tes nouvelles, ton frère James C. Holland »

« Je viens de sortir des tranchées et ne me sens pas bien : ça devrait aller mieux dans quelques jours.

Que pensez-vous de la guerre ? De mon côté, ça me parait aller bien et si nous continuons à mettre les Huns sur le recul, ce ne devrait pas être long avant que le monde soit en paix de nouveau. Ce sera un grand jour que de nous mettre debout sur les tranchées et brandir le Old Glory (drapeau américain). 

Nous avons été dans les tranchées pendant 10 jours et pas un seul homme n’a été touché. Pourtant votre petit gars a été visé 3 fois : le Vieux Fritz a des ballons d’observation au-dessus et nous pouvons tout voir. Je devais parcourir un espace à découvert donc il m’a tiré dessus. Je me suis réfugié dans la tranchée et il a encore tiré à deux reprises. J’ai regardé le gars avec mes jumelles et lui ai montré mon poing. J’ai fini en 45 minutes un travail qui aurait dû en durer 5. » (P.C. Mullins – 07/18)

« Je dois vous dire que je suis dans les tranchées et sur la ligne de front depuis 10 jours. J’aimerais vous donner quelques expériences mais j’ai peur qu’elles ne passent pas la censure donc j’attendrai pour vous en parler que la guerre soit finie. Vous pouvez imaginer qu’au front, la vie est très excitante et parfois plus quand les grosses bombes arrivent et coupent les arbres tout autour

J’ai juste besoin de retrouver mon sommeil mais ce sera fait lorsque nous irons en réserve. Je suis en service pendant 9 heures chaque nuit et, croyez-moi, certaines paraissent sans fin. J’ai été en service dans le no man’s land quelques fois comme tireur d’élite. C’est à ce moment que l’on prend conscience que la vie est si chère. Quand je ne suis pas de service, j’ai un abri avec un mur épais de 3 pieds et un toit de 4 rangs de poutres de pin. Vous pouvez vous représenter ma situation écrivant à la faible lueur d’une bougie pendant qu’à l’extérieur on entend en permanence l’éclatement des obus. J’ai perdu récemment quelques bons camarades et c’est difficile de les abandonner mais c’est la vie : nous ne pouvons pas espérer gagner sans en sacrifier certains. Nos camarades français (de bons combattants) nous disent que si la guerre se prolonge de 18 mois, nous aurons tué ou fait prisonnier tous les Allemands. Ainsi, nous pourrons retourner à la maison.

Je pense être un des garçons très chanceux car quelques mètres plus loin, certains abris ont été détruits par des obus.

Ici, nous sommes dans un coin montagneux et jours et nuits, il fait très froid. Les Alpes sont magnifiques et le décor est exceptionnellement beau. Personne ne vit par ici pourtant on aperçoit les ruines de maisons abandonnées en 1914/15.» (C. Yeager – 08/18)

« Je suis toujours à l’hôpital, service des convalescents. J’espère être sur pied dans une ou deux semaines. Etant en France depuis 3 mois, j’ai acquis quelque expérience. Je pense que nous avons dû battre un record en restant 17 jours au front. Certaines troupes passent des mois à creuser mais j’ai eu la chance d’échapper à ça et aussi d’être tombé au milieu d’un bon nombre d’anciens qui m’ont initié. Depuis que j’ai été blessé, j’ai bien parcouru le pays et je suis maintenant dans le plus grand hôpital du monde (40000 lits) et d’autres bâtiments sont en construction.

Les Alliés n’ont jamais autant connu le succès depuis que la guerre a éclaté. Ils gagnent sur tous les fronts et notre armée y prend sa part en mettant tout en déroute au-devant d’elle. Quand elle gagne une position, elle ne la lâche plus. Les Allemands disent que nous ne savons pas quand nous sommes battus. Ça ne me surprendrait de voir le Boche les mains en l’air bientôt voyant qu’il est fini. » (H.D. Merrell – 09/18)

 « Je suis à l’hôpital où je vais bien. Vous devriez voir comment je m’en sors avec mes béquilles. J’ai été blessé au combat le 15 à 11 :30 après avoir combattu âprement depuis l’aube...

« Je suis à l’hôpital où je vais bien. Vous devriez voir comment je m’en sors avec mes béquilles. J’ai été blessé au combat le 15 à 11 :30 après avoir combattu âprement depuis l’aube...

 

...Ce fut une grande bataille où le matin nous sommes montés à l’assaut et après une heure nous étions en possession du sommet de la longue colline. J’ai combattu avec mon ami Dusty côte à côte et plus d’un « Dutchman » a payé pour la blessure par balle au pied. J’espère pouvoir remarcher dans une semaine. On nous traite bien à l’hôpital américain. Je suis presque heureux d’avoir été blessé.

Présentement, je me fais plaisir au YMCA et n’en suis pas empêché par ma blessure. » (J.W. Jones -09/18)

Première guerre mondiale : lettres de soldats (1917 - 1918) IX

« Sans doute lisez-vous des nouvelles de la guerre. Nous prenons notre part à l’honneur qui est rendu aux soldats américains. Nous avons passé 4 jours en face des Huns à l’un de leur point stratégique. Nos munitions ne parvenant que lentement, nous n’avons pas pu faire feu la première nuit mais le lendemain, nous étions prêts et avons bombardé les tranchées et les abris allemands. Notre capitaine a constaté que notre cible avait été réduite en pièces. Les Allemands étaient perplexes en se demandant comment nous pouvions envoyer autant de dynamite à la fois. Nous utilisions de gros canons. L’infanterie a beaucoup aimé notre travail. Si nous n’avions pas eu ces gros canons, les Allemands auraient tué beaucoup de nos soldats. Nous sommes allés dans le No man’s land et avons ramené quelques souvenirs. Quelques gars ont bu le vin et la bière du Kaiser. J’ai pris les galons d’une de nos victimes et je vais vous les envoyer.

Nous sommes à présent éloignés de quelques miles du front. » (O. Entrekin – 09/18)

Les illustrations de l'article ont une histoire particulière et intéressante. Lors d'un voyage en France, deux de nos amis, Martine et Yvon, après avoir été avertis de ma recherche sur la Grande Guerre, nous présentaient ce trésor familial. Laissons-les-nous le présenter.

Collection photos Lechopier/Duffaut

"Ces photos proviennent du grand-père de Martine : Alexandre Etienne Lechopier né à Vaujours (93) en 1883 et mort à Paris dans le 18ème arrondissement en 1949 (tout près du théâtre de l’Atelier ). 

Nous ne pensons pas qu’Alexandre ait fait ces photos car il était boucher.

Ses photos étaient certainement vendues car à Fleuriel (03) a été créé un musée du soldat-paysan auquel nous avons prêté ces photos. Il y avait là d’autres photos du même type que les nôtres. Alors ils ont utilisé un procédé que nous ne connaissons pas qui permettait de voir ces photos sur un écran avec une impression de relief et sans lunettes.

Avec les photos, nous possédons un stéréoscope qui permet de voir les photos en relief mais une par une. Après vérification, nous n'avons retrouvé aucune marque sur le stéréoscope.

Il y a 2 photos par plaque pour rendre l’effet de relief. Essayez de trouver un appareil semblable et glissez les photos côte à côte dans l’appareil. L’œil gauche voit la photo de gauche et l’œil droit celle de droite. Le cerveau fait le mélange des 2 images pour donner une impression de relief."

Grand merci à Martine et Yvon

 

A suivre

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