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14 septembre 2019 6 14 /09 /septembre /2019 21:37

Un tourisme particulier (suite)

« C’est un important moment pour nous : Détroit est la plus belle ville où je suis allé. Nous sommes allés au Canada hier et demain, dans le New Jersey avec 200 voitures. Nous en ramènerons une centaine à Détroit...

...Nous campons aux abords de Philadelphie dans le parc (3000 acres) de Duke (ci-dessus, l’homme du tabac). Il nous a dit qu’on lui en avait offert 20 millions de dollars...
...Nous campons aux abords de Philadelphie dans le parc (3000 acres) de Duke (ci-dessus, l’homme du tabac). Il nous a dit qu’on lui en avait offert 20 millions de dollars...

...Nous campons aux abords de Philadelphie dans le parc (3000 acres) de Duke (ci-dessus, l’homme du tabac). Il nous a dit qu’on lui en avait offert 20 millions de dollars...

...Nous passerons dans la ville demain (32 miles de traversée). Nous espérons y voir beaucoup de choses et être à Hoboken (un des ports d’embarquement) lundi dans la nuit.

J’ai vu un million d’acres de blé et maïs, les plus beaux de ma vie.

Nous ne déplorons qu’un accident causé par une voiture rapide se rendant à Toledo.

Par contre le train de ravitaillement a eu un accident coûtant $20 000. Au sommet du Mont Alleghany, 13 camions ont déboulé la pente pour finir entassés les uns sur les autres.

Nous sommes maintenant dimanche au Camp Paritan, dans le New Jersey, à 10 miles de New York et il devrait pleuvoir toute la nuit. Certains garçons creusent autour de leur tente de poupée pour laisser l’eau dehors (ils dorment sur le sol). J’ai la chance de dormir dans la grosse cantinière. Le tramway passe à l’entrée du camp. Nous sommes très sales et nous aurons juste le temps de nous nettoyer. » (R. Lyle – 07/18)

« La vieille ville où nous sommes est très ancienne. Elle existait du temps de Jules César comme Brest dont je vous ai parlé. C’est une ville entièrement fortifiée dont l’une des portes fut construite par les Romains. Beaucoup de routes romaines existent encore et sont de magnifiques routes en France.

La campagne ne ressemble pas à la nôtre. Située entre 1000 et 1200 pieds au-dessus de la mer, c’est un ensemble de collines peu pentues et calcaires au lieu de notre argile rouge. Les gens n’y vivent pas comme nous : chacun chez nous veut posséder sa propre ferme alors qu’ici, ils sont agglomérés dans de petits villages distants de quelques miles. Pas de maison en bois trop précieux pour être gâché dans la construction. Le calcaire est abondant donc toutes les maisons sont en pierres et sont recouvertes de tuiles rouges en terre cuite bien moins chères que nos « shingles » (tuiles plates en bois, NDLR).

Ces petits villages aux toits rouges disséminés dans la campagne sont très jolis et pittoresques. Par contre, lorsque vous y pénétrez, quel changement. Les maisons sont agglutinées les unes aux autres avec des rues petites et étroites. Les chevaux, vaches, chiens, poulets vivent au rez-de-chaussée ou dans une grange adjacente avec un tas de fumier le long de l’entrée principale donnant sur la rue. On retrouve cette permanente puanteur de fumier dans la ville et les commodités pour les personnes ne sont pas mieux. Cette description vaut pour les petits villages ruraux comme là où mon régiment se trouve maintenant. Comme c’est l’habitude de l’armée américaine de nettoyer ce genre de place, nous avons déjà accompli un grand pas pour rendre notre ville plus propre et plus attrayante. Les gens les plus aisés vivent mieux et dans un meilleur environnement que les paysans. Près du village, il y a très souvent de grandes maisons où les propriétaires et gens aisés vivent, peut-être les descendants de la vieille noblesse française généralement dénommées « châteaux ». Certaines sont très belles. C’est dans un de ces châteaux que séjourne mon régiment. La propriétaire en est une veuve, Madame Gauthier, vivant avec sa fille et ses deux enfants. Le mari de cette dernière est dans l’armée française.

La ville où nous sommes à l’école compte de 12000 à 15000 habitants et doit avoir en temps normal plein de jolies petites boutiques. Il y a environ 2000 officiers américains ici et autour plus ou moins en rapport avec les écoles. Ceci rend la ville prospère car ils y dépensent de bonnes sommes d’une manière ou l’autre.

Excepté un refroidissement que j’ai attrapé au débarquement, j’ai été en bonne santé comme tous les hommes. Personne n’est pratiquement malade en ce moment. Le temps est plus chaud qu’au début et cela ressemble à notre mois de juin. Nous n’atteignons pas les mêmes chaleurs et les nuits sont fraiches. » (Col. E.I. Brown – 09/18)

« Je suis dans le train pour Savannah (Géorgie). Je peux voir les vieux marais malsains de Charleston qui l’entourent. » I. N.  Davis – 10/18)

« Je suis dans le train pour Savannah (Géorgie). Je peux voir les vieux marais malsains de Charleston qui l’entourent. » I. N. Davis – 10/18)

« Ici, à Paris, il a plein de places pour  s’amuser. Dimanche, j’ai visité un des parcs avec deux Mademoiselles, deux sœurs qui parlent 3 langues (Anglais, Français, Italien) et sont des modèles. J’avais de la chance d’être en leur compagnie. Elles m’ont parlé de tout et je n’ai pas appris beaucoup de français. » ( J. P. Hudson - 09/18)

« Ici, à Paris, il a plein de places pour s’amuser. Dimanche, j’ai visité un des parcs avec deux Mademoiselles, deux sœurs qui parlent 3 langues (Anglais, Français, Italien) et sont des modèles. J’avais de la chance d’être en leur compagnie. Elles m’ont parlé de tout et je n’ai pas appris beaucoup de français. » ( J. P. Hudson - 09/18)

Ils préparent l’avenir

« Maman, tu liras avant papa : demande-lui de me réserver une place au bureau de la compagnie en espérant que rien ne m’arrive. Je veux un travail à l’abri car j’en ai assez de l’air frais pour un moment. J’espère être à la maison avant qu’un autre été s’achève. » (P. C. Mullins – 07/18)

« Je crois que je pourrai revenir pour passer de bons jours à la maison et qu’une petite fille sera heureuse de prendre un mari. Ah, Ah ! Par-dessus tout, j’espère revenir avec le même état d’esprit qu’avant de partir. » (H. Campbell – 09/18)

« Chère sœur, Quand as-tu vu ma petite copine ? Je me languis du jour où je vais pouvoir la revoir de mes propres yeux. J’ai reçu une gentille lettre d’une jolie fille de Thompson (Géorgie). Je l’ai rencontrée lorsque nous venions de Gordon. Papa te dira à quoi ressemble cette ville. » (H. Campbell – 10/18)

« J’espère être bientôt là où je peux avoir une conversation face-à-face avec la plupart de mes amis plutôt que d’écrire. Au retour, je vais être un drôle d’oiseau en société ! Il ne faudra pas être surpris si vous me voyez sauter de mon lit le matin et commencer à plier toutes les couvertures et les couvre-lits puis les placer à la tête du lit ! Pas plus lorsqu’un colporteur jouera de son sifflet, je sursauterai, attraperai mon manteau en criant « Tous dehors pour vous réveiller ! »..

...Je continue de recevoir des vêtements pour combattre les vents de novembre comme un épais chandail ce midi. Je viens d’entendre la sonnerie pour l’extinction des feux et mon lit n’étant pas encore fait, je dois conclure. »  (Homer L. Campbell Décembre 18)

...Je continue de recevoir des vêtements pour combattre les vents de novembre comme un épais chandail ce midi. Je viens d’entendre la sonnerie pour l’extinction des feux et mon lit n’étant pas encore fait, je dois conclure. » (Homer L. Campbell Décembre 18)

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