Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
23 juillet 2020 4 23 /07 /juillet /2020 02:22

    Le récent décès d'un noir américain causé par un policier a relancé le débat. Le sujet est particulièrement sensible et n'étant pas journaliste, je me contenterai dans la première partie, de posts relevés sur Facebook en quelques semaines.

Bataille autour des symboles

1/ Illustration avec cet article de Associated Press du 26-09-2011.

En Caroline du Sud, la propriétaire d'une maison a dressé devant celle-ci un mat au sommet duquel elle a fait flotter le drapeau de la Confédération. Provocation, maladresse ou ignorance ? La maison se situe dans un quartier historiquement noir comme son voisin. Celui-ci, se sentant outragé, dresse à son tour le drapeau de l'Union. 70 personnes appelées à la rescousse défilent devant la maison en chantant des airs de l'époque de Martin Luther King. La brave dame est soutenue de son côté par 30 supporters dans son jardin, agitant le drapeau confédéré... Les voisins collectent de l'argent pour bâtir des palissades. Les touristes passent au ralenti devant la maison pour observer la scène. Depuis, il semble que la situation se soit apaisée...

En Caroline du Sud, le drapeau de la Confederation flottait sur le dôme de la chambre des représentants depuis 1960 (centenaire de la guerre civile) jusqu'en 2000 où ceux-ci décidaient de le mouvoir sur un monument confédéré proche.

« Notre peuple combat pour maintenir la suprématie divine de l'homme blanc sur la race inferieure, celle de couleur. Comme emblème national, le drapeau de la Confédération représente notre cause supérieure, la cause d'une race supérieure". William T. Thompson, dessinateur du drapeau confédéré.

« Notre peuple combat pour maintenir la suprématie divine de l'homme blanc sur la race inferieure, celle de couleur. Comme emblème national, le drapeau de la Confédération représente notre cause supérieure, la cause d'une race supérieure". William T. Thompson, dessinateur du drapeau confédéré.

Suzen, qui a publié ce post sur Facebook, ajoute ironiquement : "Si confusion il y avait... ceci sort tout droit de la bouche du cheval".

NDLR : La dernière partie est une expression familière pour signifier que celui qui le dit peut-être cru…

2 / La lycéenne de droite, sportive maintes fois récompensée, demande à son lycée (Lee) de changer de nom.  Dans une récente lettre à la commission scolaire, elle a écrit qu'elle ne porterait plus le maillot de l'école, arborant la mention «Tyler Lee». (Tyler est le comté de son lycée).

2 / La lycéenne de droite, sportive maintes fois récompensée, demande à son lycée (Lee) de changer de nom. Dans une récente lettre à la commission scolaire, elle a écrit qu'elle ne porterait plus le maillot de l'école, arborant la mention «Tyler Lee». (Tyler est le comté de son lycée).

Dernièrement, des dizaines de manifestants se sont rassemblés,pour soutenir la demande, devant le bureau administratif du district scolaire alors que la commission scolaire tenait une réunion à l'intérieur.

Dernièrement, des dizaines de manifestants se sont rassemblés,pour soutenir la demande, devant le bureau administratif du district scolaire alors que la commission scolaire tenait une réunion à l'intérieur.

3/ C’est beau et brillant! Harriet Tubman projeta sur un monument confédéré vénérant Robert E. Lee à Richmond, en Virginie. La projection montre la citation légendaire de Tubman : « L’esclavage est proche de l’enfer. »

3/ C’est beau et brillant! Harriet Tubman projeta sur un monument confédéré vénérant Robert E. Lee à Richmond, en Virginie. La projection montre la citation légendaire de Tubman : « L’esclavage est proche de l’enfer. »

Combat contre les dangers potentiels

Devant la porte de cet homme, un paquet a été délivré à la mauvaise adresse. Bien sûr, il serait simple de le porter quelques maisons plus loin à celui à qui il est destiné. Pourtant il n'en fera rien car... il est noir ! Il n'enverra pas non plus son fils. Stupide me direz-vous ? 

Voici ce qu'en dit cet homme :

« Nous sommes noirs et il est extrêmement dangereux d'envoyer un de nos garçons à la maison d'une famille que nous ne connaissons pas dans un quartier à majorité blanche. Pourquoi ? Parce qu'il y a une chance qu'un de nos voisins voie le garçon comme une menace et appelle la police voire sorte son fusil. C'est ce qui est arrivé à un jeune noir qui avait raté le bus  et qui marchait vers l'école. S'étant perdu et se dirigeant vers une maison pour demander la direction, le propriétaire, convaincu qu'il venait le tuer, sortit alors son fusil et ouvrit le feu. C'est pourquoi ce p.... de paquet restera devant ma porte jusqu'a ce que UPS vienne le chercher. Voilà ce que c'est que d'être noir dans l'Amérique "post raciale" »

Reconnaissance de la communauté noire

1/ Aux USAle mois de février est dédié officiellement à l'histoire de la communauté noire. A Carrollton, la bibliothèque organise chaque année une exposition en relation avec celle-ci.

 

Voir article d'Americano

 

2/ Un artiste de rue dessine une œuvre d’art : «l’invisibilité de la pauvreté ». Un chef-d’œuvre.

2/ Un artiste de rue dessine une œuvre d’art : «l’invisibilité de la pauvreté ». Un chef-d’œuvre.

3/ Le département de l’Éducation de l’Oklahoma ajoute pour la première fois le massacre de Tulsa en 1921 à son programme d’études. Jusqu’à présent, les leçons sur le massacre ont été incohérentes - certaines écoles l’ont enseigné, d’autres non. 

Tulsa 1921

Tout a commencé le 31 mai de la même année, lorsque des rumeurs ont circulé selon lesquelles un homme noir nommé Dick Rowland avait agressé sexuellement une femme blanche, Sarah Page, dans un ascenseur. Les Blancs assiègent le quartier noir de Greenwood, bouclant ses frontières pour que les Noirs aient du mal à évacuer et à tirer sur ceux qui les avaient piégés. Ils ont mis le feu à environ 40 blocs de maisons et d’entreprises, incendiant des bâtiments du sol tout en utilisant des avions pour bombarder Greenwood du ciel. Quarante-huit heures plus tard, plus de 300 Noirs étaient morts et 10 000 autres restaient sans abri.

 

4/ Laurel, Mississippi est le foyer d’un peu plus de 18.000 personnes dont 61% d’entre elles sont noires. Mardi, le maire de la ville, Johnny Magee, a publié un décret historique pour retirer le drapeau de l’État des propriétés du gouvernement de la ville de Laurel, un moment qui l’a ému aux larmes.  Dans un État qui a déclaré autrefois sa position officielle comme "complètement identifiée à l’institution de l’esclavage- le plus grand intérêt matériel du monde, » et énuméré comme l’une de ses raisons pour rejoindre la Confédération le fait que l’Union "préconise l’égalité des nègres, socialement et politiquement, » la suppression d’un symbole de la lutte pour asservir les Noirs est une grosse affaire.

4/ Laurel, Mississippi est le foyer d’un peu plus de 18.000 personnes dont 61% d’entre elles sont noires. Mardi, le maire de la ville, Johnny Magee, a publié un décret historique pour retirer le drapeau de l’État des propriétés du gouvernement de la ville de Laurel, un moment qui l’a ému aux larmes. Dans un État qui a déclaré autrefois sa position officielle comme "complètement identifiée à l’institution de l’esclavage- le plus grand intérêt matériel du monde, » et énuméré comme l’une de ses raisons pour rejoindre la Confédération le fait que l’Union "préconise l’égalité des nègres, socialement et politiquement, » la suppression d’un symbole de la lutte pour asservir les Noirs est une grosse affaire.

Magee, le maire, a déclaré que ce drapeau est un symbole de division et de transgressions raciales, "nullement ce qui représente les idéaux et les principes de notre grande nation, notre fier État et notre ville dynamique. »

  5/ Il y a 20 ans, le révérend David Kennedy a combattu le Ku Klux Klan et a gagné. Il s'est battu toute sa vie contre l’injustice à travers l’Amérique. Aujourd’hui plus que jamais, il est essentiel de rester ferme contre la haine, peu importe d’où elle vient. A Laurens (Caroline du Sud) une organisation (The Echo Project) s’emploie à rénover un ancien musée du KKK pour en faire un centre de diversité, de guérison et de justice.

5/ Il y a 20 ans, le révérend David Kennedy a combattu le Ku Klux Klan et a gagné. Il s'est battu toute sa vie contre l’injustice à travers l’Amérique. Aujourd’hui plus que jamais, il est essentiel de rester ferme contre la haine, peu importe d’où elle vient. A Laurens (Caroline du Sud) une organisation (The Echo Project) s’emploie à rénover un ancien musée du KKK pour en faire un centre de diversité, de guérison et de justice.

6/ Une autre relique persistante de l’ère Jim Crow a été arrachée du sol cette semaine dans une petite ville de l’est du Texas.

Les équipes municipales ont déterré une clôture entre deux cimetières adjacents mais séparés historiquement noirs et historiquement blancs à Mineola, à environ 75 milles à l’est de Dallas.

Le projet d’enlèvement a commencé par une cérémonie mercredi matin et devrait prendre quatre jours, a déclaré David Collett, président de Cedars Memorial Garden, le cimetière historiquement réservé aux tombes des Blancs.

Publié le 16 juillet 2020 dans Tyler Morning Telegraph

7/ The Brave Writers est un programme d’aide à l’écriture destiné aux familles. Il publie un article de l’écrivaine Carlyn Beccia qui préconise de ne plus utiliser certaines expressions ou mots à caractère raciste. Beaucoup ne pouvant être traduits fidèlement, je me contenterai d’un seul exemple qui peut facilement se comprendre en français. Extrait :

Carlyn Beccia

   

    « Dans une interview à la radio, l’intervieweur m’a demandé où je trouvais ces idées sombres pour mes livres. J’ai répondu: « j'ai toujours aimé l’humour noir. » Un auditeur a entendu mon commentaire et m’a écrit un courriel. Sa demande était simple — s’il vous plaît cesser d’utiliser des expressions racistes comme « humour noir. »

             Quand j’ai reçu cet e-mail, plusieurs émotions me venaient à l’esprit. Ma première réaction a été de ressentir de la honte. Ma deuxième réaction a été le déni. Mais ma dernière était la plus insidieuse... Quand le terme « humour noir » est-il devenu raciste ?

     La raison pour laquelle ma dernière réaction était inexcusable est qu’il ne suffit plus de plaider l’ignorance. Etre daltonien à notre époque n’est plus de mise. Il n’appartient pas aux gens de couleur d’éduquer les blancs sur les micro-agressions qu’ils éprouvent quotidiennement.

Les micro-agressions sont des interactions ou des conversations qui communiquent un préjugé à des groupes historiquement marginalisés. Un exemple courant de micro-agression :  « Est-ce que ce sont vos vrais cheveux ? ». Les micro-agressions peuvent être intentionnelles ou non intentionnelles. Et malgré la partie « micro » du nom, elles peuvent avoir des effets considérables et durables. Beaucoup d’idiomes quotidiens peuvent également être ressentis comme des micro-agressions par des personnes différentes (race, orientation sexuelle, religion, handicap). Peut-être pas toutes mais trop quand même. »

Dans les quelques exemples ci-dessus, la plupart des ingrédients du problème sont présents : racisme, pauvreté, ignorance. Malgré des efforts ponctuels, majoritairement symboliques,  au gré des évènements dramatiques, la question n'est pas traitée en profondeur. Hélas, il semble que nous ayons affaire à un effet soufflé. Sous le coup de l'émotion, celui-ci se gonfle pour retomber peu après. Pour être plus complet, il faudrait ajouter des articles du même type concernant les Natives (Indiens d’Amérique)  et les Latinos comme on les appelle ici (Mexicains et autres gens d'Amériques centrale et du sud) ...

A suivre

Partager cet article
Repost0

commentaires