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9 août 2020 7 09 /08 /août /2020 22:06

La mort de Georges Floyd, tué par un policier, étant récente, le journal USA TODAY a publié à partir du 24 juin 2020, des articles relatifs aux conséquences de cet évènement. Extraits ci-après.

Le slogan a été reproduit un peu partout (comme ici devant une maison particulière d'Athens) sous forme de peintures, graffiti, affiches...

Le slogan a été reproduit un peu partout (comme ici devant une maison particulière d'Athens) sous forme de peintures, graffiti, affiches...

Ainsi le quotidien titre en Une :

Les manifestations entrainent une vague de réformes politiques. 

Les pratiques de la police sont évaluées non seulement dans de grandes villes comme Los Angeles, Phoenix ou Houston mais aussi dans des centres urbains plus petits comme Cedar Rapids, Greensboro ou Albuquerque. La mort de Floyd ayant été provoquée par le poids d'un policier sur son cou pendant 9 minutes, tout le monde s'accorde pour bannir ce genre de traitement. Il est demandé aux autres policiers témoins de telles pratiques d'intervenir. S'ils ne le font pas, ils pourront être poursuivis. Sont donc bannies les pratiques d'étouffement et d'étranglement.

D'autres mesures visent à supprimer les fonds accordés à la police et à rendre son action  plus transparente (publication de rapports ou enregistrements des caméras personnelles). La ville de Washington va demander à ses policiers de se former aux questions du racisme et de la suprématie blanche. Des universités en Californie et Virginie vont revoir leurs programmes d'entrainement des policiers.

Des écoles suppriment leur contrat avec la police locale comme à Denver ou Minneapolis.

Lors d'une manifestation antiraciste, les opposants organisent la riposte.... pacifiquement !

Lors d'une manifestation antiraciste, les opposants organisent la riposte.... pacifiquement !

Des manifestants ayant essayé de renverser la statue du président Andrew Jackson* près de la Maison Blanche, Trump, qui n'est jamais en retard d'une bêtise, déclare qu'il va ordonner de longues peines de prison pour ces vandales, ces voyous, ces anarchistes et agitateurs. "Nous n'abattrons pas nos monuments", ajoute-t-il.

Partout dans le pays de tels actes se sont répétés. Pourtant depuis 2003, une loi punit la dégradation des plaques, monuments ou statues  de personnes ayant servi dans les forces armées.

* Ce président du 19 ème siècle est particulièrement connu pour son traitement sans pitié de la question indienne. Sa statue a échappé à la destruction grâce à l'intervention des services secrets et de policiers.

Statues confédérées : des panneaux publicitaires pour le racisme

Dans cet éditorial, Ken Paulson nous rappelle que les statues sont en train de tomber soit sous l'action des manifestants soit par décision des politiques locaux. Exemples avec la statue du général Albert Pike à Washington ou celle du président Jefferson Davis à Richmond. Le Kentucky, la Caroline du Nord et la ville de Houston sont en train d'enlever de leurs capitoles et parcs ces statues.

Toutefois si les statues sont protégées par le premier Amendement, on ne doit pas oublier ce qu'elles transmettent. Un an après la fin de la guerre, elles célébraient la perte de pères, fils ou frères pendant la guerre civile. Ce n'était pas une certaine nostalgie mais l'approbation d'un temps et d'une culture ou les Blacks étaient esclaves. Que dire du boom des érections 25/30 ans plus tard alors que les législateurs du sud votaient  les lois de Jim Crow pour limiter les droits des noirs Américains ? Que dire du même  pic dans les années 50 et 60 alors que le combat pour les droits civiques était à son apogée ? Ceux qui parlent "d'héritage" ignorent celui quasi universel des afro-américains réduits à l'esclavage par millions dans le sud. Ces monuments banalisent leurs peines, leur histoire et leur inquiétude par rapport au racisme actuel ou passé.

Dans la petite ville d'Elberton (une heure de route d'Athens), le soldat confédéré veille, l'arme au pied, le regard tourné vers le nord. On retrouve ce genre de monument à des centaines d'exemplaires dans le sud...

Dans la petite ville d'Elberton (une heure de route d'Athens), le soldat confédéré veille, l'arme au pied, le regard tourné vers le nord. On retrouve ce genre de monument à des centaines d'exemplaires dans le sud...

suite de l'article

Changer de commémoration pour changer d'idée

Partout dans le monde, des monuments tombent lorsque les régimes changent : pour mémoire, la statue de Saddam Hussein en 2003. En 1776, quelques jours après la déclaration d'Indépendance de l'Amérique, les rebelles de New York abattent la statue de George III. Si les valeurs de la société américaine changent, pourquoi certaines statues ne devraient-elles pas tomber ? Par ailleurs un point crucial sur les valeurs américaines actuelles est de savoir si nous pouvons prendre comme modèle le démantèlement de ces statues pacifiquement. Les vrais changements ne viennent pas brutalement.

Quand des législateurs refusent d'enlever ces monuments de soldats rebelles sous prétexte qu'ils témoignent simplement du passé. ils ne prennent pas connaissance qu'en fait c'était des panneaux publicitaire pour le racisme au XXème siècle !

En gardant ces monuments en 2020, malgré la peine qu'ils causent à de nombreux Américains, les personnes au pouvoir renforcent les messages de ces statues.

Prudence dans la destitution des anciens présidents

L'article fait référence à la décision de l'université de Princeton de retirer le nom de "Président Woodrow Wilson" de son école des relations internationales. Elle s'appuie sur le fait que celui-ci dans sa campagne présidentielle de 1912, avait l'habitude de "chauffer" les salles à l'aide d'histoires racistes que plus personne n'oserait raconter aujourd'hui. Il n'est pas le seul sous les projecteurs : actuellement Georges Washington, Thomas Jefferson, Andrew Jackson, Abraham Lincoln et Ulysse Grant sont les cibles de diverses attaques.

L'auteur de l'article suggère la prudence car les faits devraient être replacés dans leur contexte et non vus au prisme des idées actuelles. D'autre part, les "écarts" de ces anciens présidents doivent être évaluéen tenant compte de leurs actions positives. 

Jimmy Kimmel, un fameux présentateur de talk-show, suite à des plaintes, a dû s'excuser pour être apparu le visage noirci plusieurs décennies auparavant. "Depuis plus de vingt ans, j'ai évolué" confesse-t-il. Cet évènement intervient alors qu'un de ses confrères avait déjà effectué la même démarche.

A suivre

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commentaires

Americano 11/08/2020 15:14

Merci ! Je ne traite rarement de l'actualite sauf si j'ai vraiment de la matiere pour le faire et la, c'est le cas, helas !

Floriane 11/08/2020 08:05

Très intéressant, merci de partager ces informations avec nous! Bisous