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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 02:11

High School : ESOL

 

La High School est ici l’équivalent du lycée en France mais se parcourt en 4 ans, chaque année étant divisée en 2 semestres : le premier d’août à décembre, le second de janvier à mai. Elle est couronnée par un diplôme terminal.

 

ESOL (English for Speakers of Other Languages) est un programme fédéral destiné aux élèves dont l’anglais n’est pas la langue maternelle. Il est financé par l’état de Georgie, le gouvernement fédéral et la ville de Carrollton.


Entrons dans la classe d’Enrique Lopez, directeur du programme au lycée de Carrollton pour en savoir davantage…

 

 “Donner des connaissances en anglais aux élèves et dans les matières de base (math, sciences, études sociales1) pour acquérir un vocabulaire spécifique, permet d’atteindre l’objectif du lycée qui est la réussite à l’examen terminal”, me confie Enrique.

 








Entrer/Sortir d’ESOL : Tout élève arrivant au lycée remplit un formulaire d’inscription. Si celui-ci fait apparaître que sa langue maternelle n’est pas l’anglais, il est soumis à un test de connaissances en anglais. S’il le réussit, il est inscrit dans une classe ordinaire sinon il doit fréquenter la classe ESOL. A la fin de chaque année, il sera soumis à un test de sortie. En cas de réussite, il pourra poursuivre un cursus “normal”, sinon, il devra approfondir ses connaissances.

 

La classe actuelle (2009/2010)

Elle est composée de 63 élèves de 14 à 17 ans d’au moins 13 langues différentes. Le Gujarâtî, ça vous parle ? Pas moi !

Chaque élève doit recevoir 4 cours par jour, un cours d’ESOL et trois cours non ESOL pour suivre les études.  Ils peuvent aller dans sa salle de classe pendant toute la journée s’ils ont besoin de son assistance.

 

Les outils

La classe d’Enrique est munie de 26 ordinateurs* chacun possédant 2 logiciels éducatifs :

Rosetta Stone permet d’aborder l’anglais académique : prononciation, écoute, vocabulaire de base, écriture :

Odyssey Ware développe les matières citées ci-dessus.

Chaque matière comporte un certain nombre d’unités. Chacune comprend une leçon et se termine par un Quiz. L’élève peut ainsi contrôler ses acquisitions et faire des retours en arrière si nécessaires. 

Le professeur intervient à la demande. Le travail est adapté au niveau de chacun en fonction des résultats de l’examen d’entrée dans ESOL. 

 




Les attributions du titulaire de la classe :

Outre ses interventions auprès des élèves en difficulté, Enrique a d’autres taches à effectuer. Pensons qu’un tel système très coûteux pour les finances publiques a besoin d’être évalué…

- Une fois tous les 15 jours, Enrique téléphone aux parents de chacun pour faire le point avec eux sur le travail de leur enfant, donner des conseils.  Il fait la même chose avec ses élèves, s’assied avec eux et parle de ce qui se passe dans les autres cours.  Si un eleve obtient zéro, il envoie un e-mail aux professeurs pour demander de repasser l’examen ou pour refaire les devoirs (ou peut-être aborder le cours pour la première fois).…

Réfugié politique du Nicaragua, il parle couramment espagnol ce qui est un grand avantage compte tenu de la proportion importante d’hispanophones dans la classe ;

Constitué pour chaque élève, un dossier contenant beaucoup d’informations est mis à jour en permanence ; chacun est archivé à la sortie d’ESOL. C’est un moyen de mettre en évidence que le professeur suit toutes les règles du programme.  Enrique pense que c’est un gros travail mais il en est très content et est satisfait de savoir que les élèves réussissent l’examen grâce à lui.  De manière impromptue, l’état de Georgie envoie des inspecteurs pour voir les dossiers et observer le programme.  

Le programme ESOL peut-être différent selon  le système2 scolaire, c'est-à-dire comme le système veut l’utiliser.  Donc, ce que j’ai  observé n’est qu’un exemple parmi  plusieurs possibilités de l’utliser.

 

Les avantages du système vus par Enrique:

chaque élève est suivi individuellement et le programme est adapté au niveau et à la vitesse d’apprentissage. Enrique me dit qu’à ses débuts, il a travaillé de manière classique avec les élèves mais c’était une mission impossible tant les niveaux étaient disparates. On veut bien le croire ! ESOL permet dont de répondre à une question fondamentale de l’enseignement qui est l’individualisation de celui-ci ;

les enfants bénéficient de conditions spéciales lors de contrôles lorsqu’ils sont dans d’autres classes. Ils peuvent venir dans sa classe pour passer l’examen et avoir ainsi plus de temps, des explications supplémentaires, des livres à disposition… Enrique a un droit d’intervention sur le respect de cette disposition par les autres professeurs… Cet avantage est aussi octroyé aux élèves ayant fréquenté la classe mais ne la suivant plus.

Il nous livre aussi son idée du métier (il parle aussi français !) :
"Je suis très content à mon école.  Il y a tout sort de professeurs au monde qui font ce travaille pour des plusieurs raisons.  Je suis un professeur qui aime travailler avec les élèves non traditionnelles.  J’aime travailler avec moins élèves de ce qui est normal.  J’ai comme maximum 18 élèves, et les cours traditionnels ont 32 comme maximum à l’état de la Georgie. Mon rôle s’agit d’être défenseur ou champion de mes élèves.  Je suis content de le faire.  Je suis heureux quand je me réveille chaque jour, et j’espère que je sois professeur à mon école pour longtemps."

 

Les remarques d’un enseignant français :

- peu d’interactions entre les élèves si ce n’est de l’entraide ponctuelle : pendant mon passage, je n’en ai pas vu… Pas de projets collectifs non plus.

- l’enseignant se réduit à un simple rôle d’assistant de logiciels ; apparemment, il ne semble pas avoir la possibilité de modifier quoi que ce soit ;

- le travail de l’élève est réduit à de la lecture ; pas vraiment d’apprentissage par une expérience personnelle…

                                                                                                           

 

* Enrique me signale que la ville de Carrollton a des revenus importants et qu’elle peut offrir à ses lycéens de gros moyens.

On considère qu’un élève d’ESOL est l’équivalent de 3 élèves ordinaires pour la prise en compte de la dotation budgétaire…

 


Du fait de la présence des ordinateurs avec des programmes adaptés, la classe d’Enrique est aussi fréquentée en dehors des heures habituelles par des élèves nécessitant un soutien personnalisée.

 

1 – Etudes sociales : histoire mondiale et américaine, éducation civique, économie,

2 – En Georgie, chaque canton (plus quelques villes comme Carrollton) a un « système » scolaire. Celui-ci consiste en un comité directeur chapeautant les écoles du canton. C’est là que se prennent les décisions concernant l’utilisation des fonds, le recrutement du personnel de direction, certaines orientations pédagogiques..,

 

Merci à Enrique pour son accueil chaleureux et sa disponibilité.

Merci à la High School de Carrollton pour m’avoir laissé pénétrer dans ses locaux.

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commentaires

Kiki 05/11/2009 13:05


Et tu comptes t'inscrire ?

Bravo pour ton reportage très interessant ! Bisous


Americano 05/11/2009 13:40


Merci. Pour ce qui est de m'inscrire, ce ne serait pas ici car il y a une autre structure devolue aux adultes. Je pense que ca pourrait etre aussi un jour l'objet d'un reportage...
Bises amicales