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8 septembre 2019 7 08 /09 /septembre /2019 16:10

La guerre conduit nos soldats dans des lieux divers et inattendus.

   

Un tourisme particulier

Bob Bledsoe, écrit d’Irlande qu’il a eu l’occasion de visiter et il en est ravi. « La première partie de la cathédrale St Patrick à Dublin fut construite au 12ème siècle sur un lieu de culte occupé depuis 350. Les parcs sont magnifiques. A la bibliothèque de l’université Trinité, nous avons pu observer la bible de Kell, écrite au 8ème siècle. A la plus grande brasserie du monde, on nous a présenté tout le processus de fabrication de la bière, du grain jusqu’à nos verres. Le paysage entre Dublin et Belfast est parfait : on dirait que chaque coin obtient beaucoup d’attention pour qu’il soit beau à voir. A Dublin, nous avons pu voir le plus grand chantier naval du monde et sa mairie possède toutes les sortes de marbres du monde. Nous avons pu constater que des familles vivent sous le même toit que leur bétail. »

En Angleterre, J. O. Robertson se réjouit d’avoir reçu plein de lettres de sa famille et d’amis bien qu’il vienne d’assister au premier enterrement d’un soldat US. « A la descente du corps (20 mai 18), des salves ont été tirées puis le clairon a retenti. Le cercueil était recouvert des drapeaux américain et anglais. Je n’ai jamais vu tant de fleurs sur une tombe auparavant. Les Anglais sont très attentifs aux enterrements. »

JW Jones répond à son cousin : « J’ai reçu ta lettre avec grande surprise ainsi qu’une d’Hubert. Tu ne peux savoir combien nous apprécions ces messages venus d’au-delà des mers. Ils me rappellent mon enfance et mes rêves d’histoires de fées. J’ai vu une grande partie de la France depuis que je suis ici bien que j’ai passé le plus clair de mon temps dans des paysages déserts sur le front. Le long des lignes de chemin de fer, nous voyons de larges vallées au pied de collines ensoleillées... 

...Il en est différemment au front où les vallées sont fantomatiques, où des masses de maisons en ruines autrefois heureuses, ont été victimes des tirs et des bombes. » (05/18)

...Il en est différemment au front où les vallées sont fantomatiques, où des masses de maisons en ruines autrefois heureuses, ont été victimes des tirs et des bombes. » (05/18)

D.Merrell est arrivé sain et sauf en France. « Je suis maintenant dans un petit village pittoresque du nom de Montrichard près de Tours (Il commence sa lettre par « quelque part en France » !). Dans cette partie de la France, les maisons sont en blocs de pierre qui ressemblent à de la craie extraite des montagnes. A certains endroits, on ne voit que les fenêtres et les portes, la maison étant dans le flan d’une colline avec les cheminées dépassant de celle-ci. Il y a aussi un grand château de plusieurs centaines d’années qui a vu beaucoup de batailles sanglantes. De fait, c’est un très beau pays. J’ai l’impression qu’ils cultivent surtout le raisin et le blé. Les vignes aux grains murissant s’étendent sur des miles aussi loin que vous pouvez voir. Ils disent ici que les principales récoltes sont le blé, le raisin et... les enfants. Je suis bien ici mais mon régiment d’infanterie ne devrait pas tarder à déménager. Je ne peux donc pas vous communiquer mon adresse mais je le ferai plus tard pour savoir où envoyer le Free Press. J’ai visité une imprimerie. Je dois m’arrêter faute de papier.» (07/18)

« La France est un beau pays bien que j’en aie vu qu’une partie bien montagneuse. La terre est beaucoup comme la vôtre. Les maisons sont très différentes des nôtres : elles sont faites de ciment et de pierres. Il semble que les Français et les Anglais ont une passion pour ce qui dure. » (J.B. McWorther-07/18)

« Nous avons fait un très bon voyage et nous avons reçu un bon accueil de la population française. Les jardins français sont aussi beaux à voir que les nôtres à la maison. Beaucoup de ceux que nous avons vus sont séparés par d’épaisses haies en quartiers carrés. J’apprends quelques expressions en français et je peux mieux le comprendre que le parler. Je pense que je n’ai pas manqué tant que cela en étudiant le latin à la place parce que ceux qui l’ont fait apprennent tout une fois ici.» (L. Brown-07/18)

« Depuis que je suis ici, j’ai vu les plus belles pièces d’art et quelques très belles œuvres de sculpteurs. Bien sûr, tu sais que Paris est une grande et active place. » (P. Hudson – 07/18)

« Depuis que je suis ici, j’ai vu les plus belles pièces d’art et quelques très belles œuvres de sculpteurs. Bien sûr, tu sais que Paris est une grande et active place. » (P. Hudson – 07/18)

A suivre

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2 septembre 2019 1 02 /09 /septembre /2019 15:02

La guerre vue par les soldats (suite)

Le 7 octobre 1917, Sam Brock médecin officier à l’hôpital de Rouen met à profit son premier répit pour écrire à ses parents. Nous avons là l’intéressant témoignage de quelqu’un voyant la guerre d’un peu loin mais qui en perçoit toutes les conséquences...

...« Mes pensées vont vers ces pauvres gars dehors dans la pluie et la glace…Nous recevons des convois de blessés nous montrant les horribles effets des tirs et des bombardements… Certains de nos officiers se sont rendus 8 à 10 miles derrière les lignes pour soigner les blessés en attente dans les infirmeries de campagne…
...« Mes pensées vont vers ces pauvres gars dehors dans la pluie et la glace…Nous recevons des convois de blessés nous montrant les horribles effets des tirs et des bombardements… Certains de nos officiers se sont rendus 8 à 10 miles derrière les lignes pour soigner les blessés en attente dans les infirmeries de campagne…

...« Mes pensées vont vers ces pauvres gars dehors dans la pluie et la glace…Nous recevons des convois de blessés nous montrant les horribles effets des tirs et des bombardements… Certains de nos officiers se sont rendus 8 à 10 miles derrière les lignes pour soigner les blessés en attente dans les infirmeries de campagne…

 ...Depuis que je suis ici, j’ai traité 2000 cas. Je suis responsable du service d’accueil chirurgical. J’ai développé une méthode de travail autour des blessures superficielles et ai reçu plein de compliments pour cela. »

En écho à Sam Brock, James C. Holland confirme le 2 novembre 1917 que “la guerre, c’est l’enfer ! Sans parler des tirs, il pleut presque tout le temps. L’eau et la boue sont dans les tranchées et les abris ne sont pas beaux à voir. »

En écho à Sam Brock, James C. Holland confirme le 2 novembre 1917 que “la guerre, c’est l’enfer ! Sans parler des tirs, il pleut presque tout le temps. L’eau et la boue sont dans les tranchées et les abris ne sont pas beaux à voir. »

« Bonté divine ! Le journal donne une grande nouvelle aujourd’hui avec une énorme Une : Les Huns demandent la paix. L’idée qui prédomine ici est que la guerre devrait être terminée à Noël. » (H. Campbell – 10/18)

« Bonté divine ! Le journal donne une grande nouvelle aujourd’hui avec une énorme Une : Les Huns demandent la paix. L’idée qui prédomine ici est que la guerre devrait être terminée à Noël. » (H. Campbell – 10/18)

« Ma jambe guérit aussi vite que possible. Tout ce que j’ai à faire est de manger et dormir. Je ne peux que devenir gras. Le temps se refroidit mais j’ai un bon lit chaud toutes les nuits avec 3 grosses couvertures. Je n’ai pas froid.

Maman, je ne vois pas comment la guerre peut durer encore bien longtemps au rythme où elle va. Je pense que nous serons tous à la maison à Noël. Pour ma part, je ne crois pas que je retournerai au front.

Croyez-moi : c’est un drôle de pays ; c’est affreux de voir comment quelques uns vivent. On dirait qu’ils ne prennent ni soin de leur vie ni de leur âme. » (S.D. Long – 10/18)

« Maman, je reviens d’une grande bataille sans problème sans même une égratignure à l’exception de mes mains quand nous avons été dans les fils de fer barbelés.

Si je suis tué, je pense que j’irai dans un monde meilleur sans plus de tristesse. J’ai pourtant le sentiment que je passerai au travers et que je te reverrai sur terre. » (A. W. Gilley – parue en 12/18)

Les lecteurs ont la parole

Suite à l'article précèdent, Michel, qui participe depuis le début à ce long travail de mémoire, m'a fait parvenir un article (Voir la guerre) consacré à la photographie pendant la Grande Guerre tiré de l'ouvrage "L'album de la Grande Guerre" de Marie-Sophie Corcy et Jean-Pierre Verney. Si des lecteurs sont intéressés, je peux le leur faire parvenir.

Suite à l'article précèdent, Michel, qui participe depuis le début à ce long travail de mémoire, m'a fait parvenir un article (Voir la guerre) consacré à la photographie pendant la Grande Guerre tiré de l'ouvrage "L'album de la Grande Guerre" de Marie-Sophie Corcy et Jean-Pierre Verney. Si des lecteurs sont intéressés, je peux le leur faire parvenir.

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25 août 2019 7 25 /08 /août /2019 14:18

La guerre vue par les soldats

 

Dans son courrier du 8 janvier, J.C. Holland se plaint du temps horrible : « Le sol est recouvert de neige depuis plus de 3 semaines et la température est en dessous de zéro* (environ -18 degres Celsius) la plupart du temps. Le matin, au lever, mes chaussures sont raides. »

Dans son courrier du 8 janvier, J.C. Holland se plaint du temps horrible : « Le sol est recouvert de neige depuis plus de 3 semaines et la température est en dessous de zéro* (environ -18 degres Celsius) la plupart du temps. Le matin, au lever, mes chaussures sont raides. »

J.C. Holland essaye d’écrire à sa sœur « à la pale lueur de la bougie et au son des canons. Je ne suis allé à l’hôpital qu’une fois cet hiver car une de mes mules m’a marché sur l’orteil. Je fais maintenant partie d’une compagnie de ravitaillement. Je suis un peu comme à la ferme. J’ai rencontré une très jolie petite française qui prenait des cours d’anglais. Je me devais de l’aider…» (02/18)

« C’est intéressant d’écouter la musique des grosses bombes au-dessus de nos têtes mais le réel sport advient la nuit quand le Hun fait des compliments à notre camp. Comme beaucoup de gens de Carrollton, j’ai toujours été un bon dormeur et hais être perturbé mais quand ces visiteurs arrivent vous êtes contents d’être réveillés avant que vous le sachiez. Nous nous réfugions dans nos abris et enfilons nos pyjamas de soldats : casque en acier, masque à gaz, chemise et pantalon de flanelle, chaussettes en laine et fusil. Ca ne dure que dix à douze minutes avant que le Hun ne change sa portée ou cesse le feu pour un moment. Alors l’endroit est aussi tranquille et paisible que Carrollton le dimanche. Nous nous rendormons avec la musique d’une mitrailleuse probablement servie par un de ceux qui ont la manie de « voir des choses » dans le noir. Nous avons eu ça deux fois quelques nuits plus tôt à 2 heures puis à 3 heures 30. Le nôtre est un gars de La Nouvelle Orléans. Le plus drôle est quand nous nous rassemblons autour du feu et que chacun a une histoire longue comme le bras qu’il nous raconte à son tour.

Nos hommes sont plutôt bien camouflés, le masque à gaz se balançant autour du cou, le casque en acier sur la tête et chacun qui le peut, porte une moustache à la Charlie Chaplin. » (R.I. Bledsoe – 01/18)

Dans sa lettre d’avril 18, B. Fleming déclare son attachement à sa maman et se révèle être très confiant sur les suites du conflit : « Nous espérons que la guerre se terminera cette année par une victoire car notre cause est juste. Ma santé est excellente et je retournerai sans encombre à la maison une fois la paix signée. »

J.C. Holland écrit à sa sœur : « Je suis content d’avoir reçu ton courrier et que tu aies passé un bon moment aux rencontres de chorales. J’aurais aimé être là alors que j’étais en train de travailler dur ce jour pour être prêt au combat. C’est un peu diffèrent de l’année dernière à la même époque, n’est-ce pas ? Pour l’instant, je m’en sors bien même si je m’en suis tiré de peu quelques fois. Une nuit, je conduisais le long du front et soudain, Fritz, devenant un peu hostile, m’envoya des obus tout autour de moi. L’un tomba si près qu’il m’a presque jeté hors de mon siège et que j’ai reçu de la boue sur moi.

Tu penses que je combats pour mon pays mais lorsque pareille aventure m’arrive, je cours pour mon pays ! C’est du sport, non ? J’arrête car bientôt, ce sera le moment de faire un de ses plaisants voyages.» (05/18)

« Je suis cantonné dans un village en ruines dans une maison bâtie en 1819. Cette part du pays n’est que ruines, des villes entières au flan des montagnes réduites en pièces ce qui en fait le plus beau paysage que j’ai jamais vu.

Nous déménageons tout le temps : deux jours est le plus que je sois resté à une même place depuis que j’ai effectué la traversée. De cette manière, je vois une grande partie du pays. J’avais une idée avant de venir mais je me suis rendu compte que je connaissais rien.

Je n’ai pas lu de journaux depuis un bon moment mais j’espère que la censure me permettra de dire que nous faisons vivre l’enfer aux Allemands.

Je pourrais écrire tout ce que j’ai vu d’intéressant mais  tout ce que je peux dire est que d’une minute à l’autre, notre sang est en feu quand il se glace une minute plus tard par ce que nous voyons.

Je vais bien, sans doute mieux même qu’aux Etats-Unis.

Le papier est rare ici alors j’espère que mes amis ne m’en voudront pas si je ne leur écris pas. » (H.D.Merrell-07/18)

« La population est pleine d’espoir et va plutôt bien. 

Les soldats américains de retour du front pour se reposer sont encourageants. Ils disent que les Allemands qu’ils ont capturés sont en mauvaise condition et que certains qui servent les gros canons sont enchainés à eux.» (J.B. McWorther-07/18)

« J’ai reçu avec un mois de retard ou plus vos deux lettres mais j’en suis content. Je suis désolé que votre récolte ait souffert de la sècheresse et j’espère que l’herbe ne l’endommagera pas.

Papa, comme tu disais, j’ai été diverti par les gros canons des alliés et les bombes des Allemands. Notre première expérience, c’était un avion allemand au-dessus d’une ville proche de nous. Nous avons déménagé dans un village plus proche. Personne n’a été blessé mais beaucoup ont eu peur. Au déplacement suivant, nous nous sommes retrouvés au milieu de notre artillerie. Je n’avais jamais entendu de telles déflagrations. Je n’ai pas pu dormir évidemment. Les Allemands ont essayé sans succès de nous bombarder. Par la suite, nous avons été de nouveau dans l’artillerie nous avons été bombardés et aussi gazés. Un de nos gars a été légèrement gazé et un sergent choqué par une bombe. Notre artillerie a changé de place et nous a laissé. Ils se retirent le plus vite possible. Nous sommes maintenant 10 à 15 miles à l’intérieur du champ de bataille. Nous avons vu des villages réduits en pièces et vu des morts français et allemands mais pas encore d’américains même si beaucoup ont déjà été tués dans cet espace. Je pense que de la manière dont nos garçons traitent l’ennemi, le kaiser n’a pas à pleurer seulement pour ses pertes humaines mais devra pleurer sur une victoire perdue. » (O. Entrekin-07/18)

« Nous avons mis les Allemands en déroute. Nous les avons fait reculer d’environ 20 miles durant les deux dernières semaines. Ils courent tant que nous ne pouvons les atteindre avec nos fusils. Je pense que nous devrions réveillonner pour Noël à la maison.

Je suis dans de bons camps avec les gars de Camp Wheeler et nous avons de gros canons. Ne vous inquiétez pas sur ce que les Allemands peuvent nous faire : ils sont en train de vaciller. » (T. Knight – 07/18)

« J’ai été au front pendant 20 jours sans encore une égratignure. Je passe un bon moment à combattre les Allemands. Tous les Américains ont peur de leur courir après : vous ne pouvez pas les retenir quelques fois.

Nous avons juste six heures de sommeil et il fait froid la nuit et chaud dans la journée comme chez nous à l’automne.

Nous avons plein à manger (soupe, chou, sirop) plus du beurre pour le petit-déjeuner et du tabac.  Nous n’avons pas beaucoup de tabac à chiquer mais des cigarettes et tu sais qu’une bonne cigarette américaine va bien après le repas. Je peux me passer du premier mais je veux ma cigarette. [CM1] » (A.M. Jordan – 08/18)


 [CM1]

« Je suppose que les journaux sont remplis des succès des Alliés lors de ces 6 dernières semaines. Nous leur faisons subir l’enfer et la raison pour laquelle ils ne s’arrêtent pas m’échappe. Ainsi aucun Hun n’est bon à moins qu’il ne soit mort. Je prie pour que notre bon travail continue. Nous sommes après eux jours et nuits mais vous savez que le Boche est très rusé en temps de guerre (pour ce faire, il est efficace et l’a prouvé). Nos garçons sont en train de leur mettre une divine trouille au cœur et je ne serais pas surpris d’apprendre un jour qu’ils ont fait des propositions de paix. Je veux aller en Allemagne pour la réduire en pièces mais je parie qu’ils vont s’arrêter avant que l’on n’y soit.

Papa, tu sais que je ne suis plus dans les ambulances. Je suis un médecin officier donc je suis près de la guerre mais sous terre, la place la plus sure alors que les bombes nous survolent en permanence. » (G. Mullins – 08/18)

« Tu me demandais ce que je faisais le 4 juillet (Fête nationale américaine). Ce fut le premier jour où j’ai été précipité au front. Je pense que je m’en rappellerai longtemps. » (G. – 08/18)

« Je n’ai pas pu vous écrire pendant les 15 derniers jours car nous combattions. J’ai eu de la chance car j’ai vu beaucoup de mes pairs tomber sur le champ de bataille. Je ne pouvais pas m’en occuper et laissais cette tâche à la Croix Rouge. Ils étaient blessés de multiples façons : certains ayant perdu leurs jambes ou leurs bras d’autres ont été gazés. Je remercie Dieu de m’avoir épargné. Je me moque de recevoir une médaille car je veux retourner aux Etats-Unis comme je suis.

Nous avons mis les Huns en déroute et espérons continuer jusqu’à la victoire. Beaucoup de garçons de Géorgie sont en train d’arriver et j’en ai vu quelques-uns ces jours. » (C. Martin – 08/18)

« Quel âge a Lish 18 ou 19 ? Il semble que le Congrès va adopter une loi pour abaisser le tirage au sort à 18 ans. Si Lish doit s’inscrire, je lui conseille de s’engager dans la marine ce qu’il y a de mieux. Il peut le faire pour la durée de la guerre.

Je travaille toujours au dépôt où la nourriture est conservée et je n’ai jamais faim. Un bateau de troupes a besoin de beaucoup de nourriture pour elles, le restant étant déchargé en France. Quand les soldats sont à bord, voici ce dont ils ont besoin journellement : 12000 livres de farine, 500 de sucre, 200 de café, 2500 de porc, 500 de haricots, 500 de fruits en boites, 500 d’avoine. Les marins et soldats américains sont les mieux nourris du monde. Quand nous sommes dans les ports français, nous en avons vu certains dans des petits bateaux venir prendre du pain pour eux-mêmes. La seule viande que vous y trouvez est le cheval. » (E. Hammond – 08/18)

« Nous revenons juste de participer à l’une des plus grandes actions de la guerre. C’est la première fois que nous étions en réelle action au front. Mon bataillon a eu de la chance : personne n’a été tué (3 ou 4 blessés légers). Notre batterie a eu seulement un blessé dans sa chair.

J’ai encore les deux mêmes questions : avez-vous reçu mes papiers d’assurance et mes allocations ? Sinon, je m’en occupe.

Je suis allé au YMCA ce matin acheter des bonbons, des gâteaux, de la soupe et des noix, les premiers depuis un certain temps. » (W. J. Warren – 09/18)

« Je suis à l’infirmerie de la base loin de la ligne de front avec une cheville foulée. J’ai affronté les bombes, les mitrailleuses et le gaz. On a eu chaud pendant un moment là-bas. Au moment de la relève pour nous reposer, je suis tombé dans un trou d’obus et « bingo », je me suis foulé la cheville. J’ai reçu les premiers secours par un homme de la Croix Rouge. Ils sont toujours prêts y compris sous les bombardements. J’ai été envoyé au poste de premier secours pour quelques jours. Je suis monté à bord d’un train médical, le meilleur que j’ai jamais vu : tout est blanc avec les lits le long des cloisons, des lumières électriques et des ventilateurs, toutes les commodités modernes pour que le blesse puisse profiter du confort. Nous avons roulé 24 heures pour être finalement entre deux draps entouré de jolies infirmières de la Croix Rouge pour veiller sur nous. Dois-je ajouter le bain chaud ce qui ne nous arrive pas souvent. La Croix Rouge nous donne tous les jours du chocolat et des cigarettes. Vous pouvez constater que l’on s’occupe bien de nous. On m’a dit qu’une cheville foulée demandait de 3 à 4 semaines de repos.

Vous êtes au courant de la grande opération du moment : nous sommes en train de renvoyer le Boche à Berlin au lieu de Paris. Vous ne me croiriez pas si je vous disais le nombre de prisonniers faits et de provisions capturées pendant leur retraite. Ils partent si vite qu’ils ne peuvent prendre tout avec eux y compris de gros canons. Les mitrailleuses sont éparpillées partout. Les prisonniers disent que l’armée allemande commence de respecter notre capacité à nous battre. Ils ne savent pas quand nous allons les frapper au moment où nous arrivons. Je n’ai pas pu utiliser ma baïonnette car au moment où vous êtes prêts, ils crient « kamerad » et je ne suis pas assez assoiffé de sang pour commettre cet acte. On a l’impression que c’est le début de la fin car les Allemands sont en déroute partout. (H. D. Merrell – 08/18)

« Grâce, nous sommes maintenant au « front » comme l’on dit. Nous faisons vivre l’enfer aux Allemands. J’étais au combat pendant 10 jours. Ce n’est plus aussi dur que ça l’a été.

J’ai vu une partie de la France et de l’Angleterre depuis que nous avons atterri ici et j’aurais quelque chose à te raconter à mon retour.

Je ne suis plus dans l’infanterie mais dans l’artillerie mais toujours conducteur.  Je transporte les munitions et je suis un peu fatigué.» (A.Jordan – 08/18)

Le 3 juin 18, le Carroll Free Press fait part de la dernière lettre de J.C. Holland (tué au combat le 21 mai 18) :

« Mon cher frère,

J’ai reçu ta lettre tant attendue et j’en ai été content. Je suis au combat maintenant et chaque nuit j’apporte de la nourriture aux combattants et ce n’est pas de la rigolade. J’ai tant perdu le sommeil et été soumis à tant d’excitation que j’en suis à moitié fou. Si ça continue je le deviendrais complètement. Imagine devoir te mouvoir dans le noir avec des trous d’obus de chaque côté et que le seul moyen de les éviter est la lueur d’un fusil ou l’éclatement d’un obus. Certaines fois, ils le font très près de nous.

Ce que je crains le plus, c’est cet affreux gaz. J’ai été attaqué par deux fois et j’ai bien cru y rester à la première. Il en tue certains mais je garde mon masque et je passe au travers.

Sans doute, je ne devrais pas t’écrire ceci mais c’est pour te faire savoir que je ne suis pas en train de pique-niquer en ce moment.

A bientôt de tes nouvelles, ton frère James C. Holland »

« Je viens de sortir des tranchées et ne me sens pas bien : ça devrait aller mieux dans quelques jours.

Que pensez-vous de la guerre ? De mon côté, ça me parait aller bien et si nous continuons à mettre les Huns sur le recul, ce ne devrait pas être long avant que le monde soit en paix de nouveau. Ce sera un grand jour que de nous mettre debout sur les tranchées et brandir le Old Glory (drapeau américain). 

Nous avons été dans les tranchées pendant 10 jours et pas un seul homme n’a été touché. Pourtant votre petit gars a été visé 3 fois : le Vieux Fritz a des ballons d’observation au-dessus et nous pouvons tout voir. Je devais parcourir un espace à découvert donc il m’a tiré dessus. Je me suis réfugié dans la tranchée et il a encore tiré à deux reprises. J’ai regardé le gars avec mes jumelles et lui ai montré mon poing. J’ai fini en 45 minutes un travail qui aurait dû en durer 5. » (P.C. Mullins – 07/18)

« Je dois vous dire que je suis dans les tranchées et sur la ligne de front depuis 10 jours. J’aimerais vous donner quelques expériences mais j’ai peur qu’elles ne passent pas la censure donc j’attendrai pour vous en parler que la guerre soit finie. Vous pouvez imaginer qu’au front, la vie est très excitante et parfois plus quand les grosses bombes arrivent et coupent les arbres tout autour

J’ai juste besoin de retrouver mon sommeil mais ce sera fait lorsque nous irons en réserve. Je suis en service pendant 9 heures chaque nuit et, croyez-moi, certaines paraissent sans fin. J’ai été en service dans le no man’s land quelques fois comme tireur d’élite. C’est à ce moment que l’on prend conscience que la vie est si chère. Quand je ne suis pas de service, j’ai un abri avec un mur épais de 3 pieds et un toit de 4 rangs de poutres de pin. Vous pouvez vous représenter ma situation écrivant à la faible lueur d’une bougie pendant qu’à l’extérieur on entend en permanence l’éclatement des obus. J’ai perdu récemment quelques bons camarades et c’est difficile de les abandonner mais c’est la vie : nous ne pouvons pas espérer gagner sans en sacrifier certains. Nos camarades français (de bons combattants) nous disent que si la guerre se prolonge de 18 mois, nous aurons tué ou fait prisonnier tous les Allemands. Ainsi, nous pourrons retourner à la maison.

Je pense être un des garçons très chanceux car quelques mètres plus loin, certains abris ont été détruits par des obus.

Ici, nous sommes dans un coin montagneux et jours et nuits, il fait très froid. Les Alpes sont magnifiques et le décor est exceptionnellement beau. Personne ne vit par ici pourtant on aperçoit les ruines de maisons abandonnées en 1914/15.» (C. Yeager – 08/18)

« Je suis toujours à l’hôpital, service des convalescents. J’espère être sur pied dans une ou deux semaines. Etant en France depuis 3 mois, j’ai acquis quelque expérience. Je pense que nous avons dû battre un record en restant 17 jours au front. Certaines troupes passent des mois à creuser mais j’ai eu la chance d’échapper à ça et aussi d’être tombé au milieu d’un bon nombre d’anciens qui m’ont initié. Depuis que j’ai été blessé, j’ai bien parcouru le pays et je suis maintenant dans le plus grand hôpital du monde (40000 lits) et d’autres bâtiments sont en construction.

Les Alliés n’ont jamais autant connu le succès depuis que la guerre a éclaté. Ils gagnent sur tous les fronts et notre armée y prend sa part en mettant tout en déroute au-devant d’elle. Quand elle gagne une position, elle ne la lâche plus. Les Allemands disent que nous ne savons pas quand nous sommes battus. Ça ne me surprendrait de voir le Boche les mains en l’air bientôt voyant qu’il est fini. » (H.D. Merrell – 09/18)

 « Je suis à l’hôpital où je vais bien. Vous devriez voir comment je m’en sors avec mes béquilles. J’ai été blessé au combat le 15 à 11 :30 après avoir combattu âprement depuis l’aube...

« Je suis à l’hôpital où je vais bien. Vous devriez voir comment je m’en sors avec mes béquilles. J’ai été blessé au combat le 15 à 11 :30 après avoir combattu âprement depuis l’aube...

 

...Ce fut une grande bataille où le matin nous sommes montés à l’assaut et après une heure nous étions en possession du sommet de la longue colline. J’ai combattu avec mon ami Dusty côte à côte et plus d’un « Dutchman » a payé pour la blessure par balle au pied. J’espère pouvoir remarcher dans une semaine. On nous traite bien à l’hôpital américain. Je suis presque heureux d’avoir été blessé.

Présentement, je me fais plaisir au YMCA et n’en suis pas empêché par ma blessure. » (J.W. Jones -09/18)

Première guerre mondiale : lettres de soldats (1917 - 1918) IX

« Sans doute lisez-vous des nouvelles de la guerre. Nous prenons notre part à l’honneur qui est rendu aux soldats américains. Nous avons passé 4 jours en face des Huns à l’un de leur point stratégique. Nos munitions ne parvenant que lentement, nous n’avons pas pu faire feu la première nuit mais le lendemain, nous étions prêts et avons bombardé les tranchées et les abris allemands. Notre capitaine a constaté que notre cible avait été réduite en pièces. Les Allemands étaient perplexes en se demandant comment nous pouvions envoyer autant de dynamite à la fois. Nous utilisions de gros canons. L’infanterie a beaucoup aimé notre travail. Si nous n’avions pas eu ces gros canons, les Allemands auraient tué beaucoup de nos soldats. Nous sommes allés dans le No man’s land et avons ramené quelques souvenirs. Quelques gars ont bu le vin et la bière du Kaiser. J’ai pris les galons d’une de nos victimes et je vais vous les envoyer.

Nous sommes à présent éloignés de quelques miles du front. » (O. Entrekin – 09/18)

Les illustrations de l'article ont une histoire particulière et intéressante. Lors d'un voyage en France, deux de nos amis, Martine et Yvon, après avoir été avertis de ma recherche sur la Grande Guerre, nous présentaient ce trésor familial. Laissons-les-nous le présenter.

Collection photos Lechopier/Duffaut

"Ces photos proviennent du grand-père de Martine : Alexandre Etienne Lechopier né à Vaujours (93) en 1883 et mort à Paris dans le 18ème arrondissement en 1949 (tout près du théâtre de l’Atelier ). 

Nous ne pensons pas qu’Alexandre ait fait ces photos car il était boucher.

Ses photos étaient certainement vendues car à Fleuriel (03) a été créé un musée du soldat-paysan auquel nous avons prêté ces photos. Il y avait là d’autres photos du même type que les nôtres. Alors ils ont utilisé un procédé que nous ne connaissons pas qui permettait de voir ces photos sur un écran avec une impression de relief et sans lunettes.

Avec les photos, nous possédons un stéréoscope qui permet de voir les photos en relief mais une par une. Après vérification, nous n'avons retrouvé aucune marque sur le stéréoscope.

Il y a 2 photos par plaque pour rendre l’effet de relief. Essayez de trouver un appareil semblable et glissez les photos côte à côte dans l’appareil. L’œil gauche voit la photo de gauche et l’œil droit celle de droite. Le cerveau fait le mélange des 2 images pour donner une impression de relief."

Grand merci à Martine et Yvon

 

A suivre

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8 août 2019 4 08 /08 /août /2019 14:37

En camp over there

B. Horton confie à sa mère : « Je suis encore en train de déménager. Depuis ma dernière lettre il y a quelques jours, je suis sur un autre terrain. Je préfère celui-ci à tous ceux où je me suis entrainé. Je vole à bord du plus cher et du plus rapide avion. La carlingue et son moteur sont fabriqués aux USA. Je suppose que vous savez de quoi je parle… En un mot je vole à son bord et j’aime beaucoup cela...

B. Horton confie à sa mère : « Je suis encore en train de déménager. Depuis ma dernière lettre il y a quelques jours, je suis sur un autre terrain. Je préfère celui-ci à tous ceux où je me suis entrainé. Je vole à bord du plus cher et du plus rapide avion. La carlingue et son moteur sont fabriqués aux USA. Je suppose que vous savez de quoi je parle… En un mot je vole à son bord et j’aime beaucoup cela...

...Il y a quelques jours, j’étais à 12 000 pieds dans un  petit Newport lorsque j’ai été pris dans un affreux orage qui détruisit plusieurs hangars  et bon nombre d’avions. Je descendis et atterrit dans les pires conditions mais sans dommage.

Je pense que tu as entendu parler du Justicia torpillé il y a quelques jours. C’est le bateau qui m’a transporté ici. J’étais désolé d’apprendre qu’il a coulé. Je connaissais plusieurs hommes qui y sont restés.

La plupart de ceux qui sont venus ensemble ici ont été séparés, envoyés dans un endroit ou un autre. Je pense que je suis ici pour un moment car je suis instructeur à l’un des terrains. J’essaie d’être relevé pour que je puisse me rendre sur le front.         

Nous avons mauvais temps depuis un moment avec un vent fort si bien que peu d’entre nous ont pu voler...

 

...Je vis dans la meilleure baraque que je n’ai jamais eue. Elle est bien aérée et lumineuse et n’a qu’une rangée de couchettes. Nous avons des tables et chaises normales dans le mess des officiers mais les filles de la Croix Rouge me manquent. J’espère pouvoir en rencontrer cet après-midi. » (07/18)

...Je vis dans la meilleure baraque que je n’ai jamais eue. Elle est bien aérée et lumineuse et n’a qu’une rangée de couchettes. Nous avons des tables et chaises normales dans le mess des officiers mais les filles de la Croix Rouge me manquent. J’espère pouvoir en rencontrer cet après-midi. » (07/18)

« J’aimerais écrire beaucoup de lettres mais le papier se fait rare et parfois, il n’y en a plus. Je pourrais en utiliser plus mais j’empêcherais certains garçons d’écrire à la maison. Je suis allé écouter l’aumônier prêcher dimanche. C’est un bon prêcheur et je l’aime chaque jour un peu plus. Une Française nous vend du lait presque chaque jour : il est bon et riche et coute le même prix qu’à la maison. Le beurre est très cher mais le fromage est à notre portée. J’ai eu quelques tomates pour diner. Les oignons sont bons marché ici. Je me plais de plus en plus dans ma nouvelle maison : les fermiers sont très occupés par la plus grosse moisson qu’ils n’aient jamais eue pendant que les Américains repoussent si loin les Boches qu’ils ne peuvent plus les voir. Je pense que nous serons à la maison pour Noël. » (L. Brown-07/18)

« Nous étions les premières troupes Américaines dans ce secteur et il fallut un moment au YMCA pour nous localiser. Maintenant, ils sont ici à pied d’œuvre et nous avons des nouvelles par eux. Ils ont généralement quelques copies du New York Herald et du Stars and Stripes qui sont publiés à Paris. Il est prévu qu’ils en aient un exemplaire pour chaque homme lorsqu’ils seront bien organisés. Ils font du bon travail outre Atlantique et l’argent qui leur est donné est bien dépensé.

Ma compagnie est dans les tranchées à présent. J’effectue la garde dans un petit village français en retrait. Tâche facile mais qui ne dure pas. Je devrai en changer bientôt. (R.I. Bledsoe – 09/18)

« Nous passions un bon moment au cinéma la nuit dernière lorsqu’un avion allemand nous a survolés. La projection s’est arrêtée et nous nous sommes mis à couvert.

Les Français sont en train de faire leurs moissons. Nous devrons partir d’ici sous peu pour une autre région de France mais où ?

Voici dix dollars dont je n’ai pas besoin et que j’ai pensé t’envoyer de cette manière. As-tu reçu les soixante dollars d’allocations ?

Notre avance semble s’arrêter sans raison, J’espère que nous allons la reprendre sous peu  et qu’elle va nous conduire à Berlin. » (O. Entrekin – 08/18)

Un ami, après lui avoir rendu visite, écrit aux parents du soldat Wallace «Depuis que je t’ai écrit il y a 5 jours de l’hôpital où je suis malade, je vais de mieux en mieux. Je n’ai plus mal maintenant et je me repose plutôt bien. Je mange bien aussi : j’ai de la nourriture solide et suis toujours prêt à la manger. C’est un bon hôpital avec un lit confortable face à une fenêtre d’où je peux voir des champs et une colline. Les infirmières prennent grand soin de nous et j’ai un bon docteur.» (Inconnu – 09/18)

Un ami, après lui avoir rendu visite, écrit aux parents du soldat Wallace «Depuis que je t’ai écrit il y a 5 jours de l’hôpital où je suis malade, je vais de mieux en mieux. Je n’ai plus mal maintenant et je me repose plutôt bien. Je mange bien aussi : j’ai de la nourriture solide et suis toujours prêt à la manger. C’est un bon hôpital avec un lit confortable face à une fenêtre d’où je peux voir des champs et une colline. Les infirmières prennent grand soin de nous et j’ai un bon docteur.» (Inconnu – 09/18)

« Je n’ai pas reçu de lettres depuis un bon moment mais sans doute  parce que mon adresse a changé depuis que je vous ai écrit. Il y a mille choses dont j’aimerais entendre parler à propos de la maison. La première est au sujet des rencontres prolongées en particulier celle de Concord (église du comté ci-dessus - NDLR)...

« Je n’ai pas reçu de lettres depuis un bon moment mais sans doute parce que mon adresse a changé depuis que je vous ai écrit. Il y a mille choses dont j’aimerais entendre parler à propos de la maison. La première est au sujet des rencontres prolongées en particulier celle de Concord (église du comté ci-dessus - NDLR)...

...Maman, ne t’en fais pas pour moi et les autres : nous avons été appelés mais nous comptons revenir à la maison dans peu de temps et nous ne faisons que notre devoir, volontiers et gaiement. Soyez fier d’avoir un fils prenant part à cette grande cause. Dieu est à nos côtés : qui peut être contre nous ?

Je passe beaucoup de temps à lire et je viens de finir le Testament. Je ne peux m’endormir sans faire une prière à Dieu en remerciement de ce que je reçois chaque jour. J’espère pouvoir passer Noël à la maison. J’ai l’impression d’avoir fait le tour du monde depuis je chantais à New Hope (église du comté – NDLR) et j’ai eu plus d’expériences que si j’étais resté aux Etats Unis.

Nous avons été au front pendant 20 jours et prenons du repos avant d’y retourner.

Je ne peux pas vous écrire librement mais vous le pouvez donc donnez à chacun ma nouvelle adresse. » (G. Newman – 09/18)

« Nous creusons un bon peu en ce moment. Nous observons une stricte quarantaine maintenant. Un cirque doit venir : je crois que c’est le moyen d’empêcher la diffusion de la grippe autant que possible.

On nous a dit qu’un nouveau moyen de transport arrivait et les gars de Carroll aimeraient bien l’emprunter ce qui serait une chance de rester ensemble.

Papa, peux-tu voir Mr Meeks, l’éditeur du journal, pour que je le reçoive ? Peux-tu m’envoyer du tabac ou des cigarettes ? Ici, le magasin est fermé. » (L. Edgeworth – 10/18)

« C’est un bien plus beau pays que ce que je pensais. Il y a beaucoup de jolies filles ici.

Donnez le bonjour aux copains et aux copines et dites-leur de m’écrire. » (W. L. Lassetter – 09/18)

A suivre

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5 août 2019 1 05 /08 /août /2019 15:18

Outre-Atlantique (Over there) suite de l'article précédent

 

« Je suis maintenant rattaché à la Royal Air Force (Angleterre) et suis stationné à Londres. Je ne pense pas y rester longtemps. Je travaille d’arrache-pied pour aller au front. J’ai conduit, il y a quelques jours un bateau sur la Manche. C’est très excitant de voir les deux pays en même temps.

Mon hôtel est parfait. La salle à manger est gérée par les femmes du YMCA. Les repas sont bons et nous coûtent 4 shillings par jour (84 US cents). J’ai de l’argent anglais dans une poche et du français dans l’autre car j’effectue la traversée aller-retour très souvent. Mon séjour est pris en charge par la RAF et ma paye par le gouvernement américain. Je préfère les Anglais aux Français : ils ont une meilleure morale.

Je suis allé à Paris il y a quelques jours et j’ai passé un bon moment. » (B. Horton – 10/18)

« C’est un beau jour ici. Notre orchestre est venu jouer pour nous et il y avait plusieurs jolies filles à regarder, des Françaises, tu penses....

« C’est un beau jour ici. Notre orchestre est venu jouer pour nous et il y avait plusieurs jolies filles à regarder, des Françaises, tu penses....

...Les soldats et officiers jouent au base-ball.

Je pense souvent à vous. Je n’ai pas reçu de courrier depuis mon départ de Camp Wheeler. Ça me parait long. J’ai envoyé plusieurs lettres à la maison mais je ne sais s’ils les ont reçues ou non.

Depuis mon arrivée, j’ai vu quelques pêches mais pas de pommes, de maïs ou coton.

Nous revenons juste du front et ne savons quand nous y retournons mais sûrement bientôt je pense.

Je continue de couper les cheveux des gars et gagne de l’argent ainsi pour acheter du vin et de la bière. C’est parfait !

Je m’arrête car j’ai de la lessive à faire. » (J.T. Huggins – 08/18)

Beaucoup de soldats expriment le besoin de rester en contact avec leur terre natale : « Envoyez-moi le journal pour me tenir au courant des affaires de Carrollton ». (14-07-18, D. Merrell)

« Je suis content d’apprendre que vous avez eu de si bonnes récoltes. Je ne me plains pas car ici, sur place, il y a aussi beaucoup de fruits bon marché : alors je ne m’en prive pas… (09 1917, JC Holland a son frère).

« Envoyez-moi les noms et les compagnies des soldats du comté de manière à pouvoir rentrer en contact avec eux. » (JC Holland, 09-17)

Le 11 novembre 1917, le lieutenant Harry Burns est ravi « d’avoir reçu les journaux car le courrier se fait rare. »

«Qu’avez-vous fait pour Thanksgiving ? De mon côté, j’ai été bien traité avec de l’oie, de la tarte à la courge et plein d’autres bonnes choses. J’aimerais recevoir des photos de la famille car, en ce qui me concerne, j’ai le droit d’envoyer la mienne. » JC Holland 11/17)
«Qu’avez-vous fait pour Thanksgiving ? De mon côté, j’ai été bien traité avec de l’oie, de la tarte à la courge et plein d’autres bonnes choses. J’aimerais recevoir des photos de la famille car, en ce qui me concerne, j’ai le droit d’envoyer la mienne. » JC Holland 11/17)

«Qu’avez-vous fait pour Thanksgiving ? De mon côté, j’ai été bien traité avec de l’oie, de la tarte à la courge et plein d’autres bonnes choses. J’aimerais recevoir des photos de la famille car, en ce qui me concerne, j’ai le droit d’envoyer la mienne. » JC Holland 11/17)

D’après H.N. Beck, « le courrier n’est pas livré rapidement car il n’est pas prioritaire par rapport au matériel de guerre à acheminer. Pour rassurer papa, je ne peux que t’inviter « à trinquer et à ne pas t’en faire pour les garçons partis au combat. Nous serons de retour bientôt, ce ne sera pas long. » (04/18)

H.H. Richards est ravi « d’avoir reçu 7 lettres le même jour car l’acheminement du courrier est quelque peu chaotique et que mes sœurs réussissent leur jardin. » (05/18)

H.H. Richards est ravi « d’avoir reçu 7 lettres le même jour car l’acheminement du courrier est quelque peu chaotique et que mes sœurs réussissent leur jardin. » (05/18)

« Je suis content d’apprendre que vous avez reçu vos allocations. Je vais envoyer à la maison tout ce que je peux épargner. » J. O. Robertson

« Je veux remercier ceux qui se sont portés volontaires pour engranger ma récolte. Je leur revaudrai ce service. » H. R. Blandenburg

A.P. Hogan écrivant à son cousin, est spécialement intéressé par les copains : « J’aimerais te voir à Pleasant Hill (église du comté - NDLR) pour chanter comme tous les quatrième samedi du mois mais n’y pensons pas avant que nous ayons défait ces Huns et que règne la paix. Je n’ai vu ni Loyd Green ni Georges comme tu me le demandais mais je pense qu’ils sont déjà outre Atlantique. J’ai été surpris d’apprendre que Chalmers s’était marié. On dirait que tous se sont mariés : nous allons rester de vieux célibataires mais nous serons parfaitement heureux, n’est-ce pas ? Je ne peux pas parler beaucoup des affaires militaires donc je dois m’arrêter. Donne-moi souvent des nouvelles : ça me remplit de joie !»

H. Richards, après avoir reproché à son ami Malcolm de l’avoir oublié, lui écrit : « J’ai maintenant un bon travail et nous avons beau temps. Je n’ai pas vu Casper qui doit être aussi occupé que moi. J’ai appris que Willard était à l’armée et étonné que tu t’apprêtes à y être aussi. Pourtant il n’y a rien de mieux que la maison et le lit que ta mère te prépare. Tu me dis avoir chanté à Macedonia et je me rappelle de l’an dernier lorsque je suis en train de travailler : faire la lessive, écouter, écrire et lire occupent tout mon temps libre. J’arrête car l’orchestre qui doit nous divertir vient d’arriver. Dis aux amis de m’écrire et priez pour moi. » (06/18)

« J’aimerais recevoir le Carroll Free Press à Quantico (Virginie) comme vous l’avez fait lorsque j’étais à Santiago. J’apprécie toute l’information qui y est contenue. » W.A. Brock – 08/18

« Quelques lignes pour vous donner des nouvelles. Je n’en ai pas beaucoup mais il y a un moment que je n’en ai pas eu de la maison. J’aimerais certainement une lettre de l’un de vous chaque semaine. » (J. S. Wallace – 07/18)

« Je dois vous dire combien j’ai apprécié les premières nouvelles de Carrollton : six numéros du Free Press tous en même temps. C’est le premier courrier que je reçois après avoir rejoint mon régiment. Nous sortions tout juste des tranchées lorsque le vaguemestre nous accueillit. J’avais aussi quelques lettres qui, bien sûr, ont été lues  en premier. Puis j’ai dévoré les six journaux jusqu’à la plus petite réclame. J’espère que tous les soldats de Carrollton le reçoivent car il est plein d’intérêt.

Je me rappelle riant à la remarque d’un major lorsque j’étais au Fort McPherson nous disant que nous avions plus de nouvelles de la guerre que ceux qui étaient au front. Maintenant, je suis entièrement d’accord avec lui. » (R.I. Bledsoe – 09/18)

« Papa, j’aimerais que tu m’envoies du tabac car je ne peux pas en avoir ici. Ici, le tabac est nécessaire pour ne pas devenir fou. Vois si tu as la permission de m’envoyer 6 boites de Prince Albert et une demi-livre de Boot Jack à mâcher. » (G. Mullin – 08/18)8)

« Papa, j’aimerais que tu m’envoies du tabac car je ne peux pas en avoir ici. Ici, le tabac est nécessaire pour ne pas devenir fou. Vois si tu as la permission de m’envoyer 6 boites de Prince Albert et une demi-livre de Boot Jack à mâcher. » (G. Mullin – 08/18)8)

 

« Je me sens bien depuis que j’ai reçu mon courrier. Les lettres ici font beaucoup de bien à un gars. » (C. Yeager – 08/18)

 « Comment vont Lewis et Bud ? J’aimerais écrire à tous mais je n’ai pas le temps et le papier se fait rare.

Ma chère tante, je n’ai reçu aucune nouvelle depuis que j’ai quitté les States et j’aimerais vraiment en avoir. » (J.C. Craven – 09/18)

« Ora, tu me demandais si j’aimais toujours l’armée. Oui, mais je préfère être à la maison.

Bien sûr que j’aime les petites françaises mais tu devrais m’écouter quand j’essaye de leur parler : tu rirais certainement !

J’ai vu dans le journal d’aujourd’hui que James C. Holland a été tué au combat le 27. Tu ne peux savoir combien cela me rend triste car c’était un bon gars et nous étions bons amis.

Je viens de t’écrire tout ce que je peux car nous ne pouvons rien dire des affaires militaires. » (A. Hogan – 06/18)

A suivre

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4 août 2019 7 04 /08 /août /2019 13:44

Lors de notre escapade à Augusta, j'avais choisi de visiter en priorité ce lieu. En effet, je suis devenu attaché à ce président qui a mené les destinées de son pays pendant la Grande Guerre. Au cours de mes recherches sur celle-ci, j'ai retrouvé son nom à de nombreuses reprises soit dans la découverte des soldats du comté de Carroll soit en lisant le journal local de l'époque. 

Cette maison est devenue monument historique national après avoir été achetée aux enchères par la société d'histoire d'Augusta en 1991. En 1994, il était décidé d'en faire un musée. La maison adjacente fut aussi achetée pour supporter le musée. Tommy vécut dans cette maison de 1860 à 1870.

Cette maison est devenue monument historique national après avoir été achetée aux enchères par la société d'histoire d'Augusta en 1991. En 1994, il était décidé d'en faire un musée. La maison adjacente fut aussi achetée pour supporter le musée. Tommy vécut dans cette maison de 1860 à 1870.

La maquette ci-dessus représente la maison de Tommy et à sa droite celle de son ami d'enfance Joseph Rucker Lamar qui devint célèbre lui aussi en étant nommé à la Cour Suprême de Justice des USA de 1910 à 1916.

Dès l'entrée, on est saisi par l'apparence de confort de la maison.Dès l'entrée, on est saisi par l'apparence de confort de la maison.
Dès l'entrée, on est saisi par l'apparence de confort de la maison.

Dès l'entrée, on est saisi par l'apparence de confort de la maison.

Le père, pasteur à l'église d’en face, devait la servir de 1850 à 1870. Pendant ces années, la guerre civile devait sévir et ceci marquait le jeune garçon de manière indélébile car l'église servait d'hôpital aux soldats des deux camps et le père s'y rendait chaque jour. Le jeune garçon n'avait qu'à traverser la route pour le rejoindre. Beaucoup d'historiens s'accordent à dire que cette cruelle expérience est la raison pour laquelle le garçon, une fois président fit tout son possible pour empêcher son pays d'entrer en guerre car il en avait vu les terribles conséquences.

Le père, pasteur à l'église d’en face, devait la servir de 1850 à 1870. Pendant ces années, la guerre civile devait sévir et ceci marquait le jeune garçon de manière indélébile car l'église servait d'hôpital aux soldats des deux camps et le père s'y rendait chaque jour. Le jeune garçon n'avait qu'à traverser la route pour le rejoindre. Beaucoup d'historiens s'accordent à dire que cette cruelle expérience est la raison pour laquelle le garçon, une fois président fit tout son possible pour empêcher son pays d'entrer en guerre car il en avait vu les terribles conséquences.

13 pièces d'ameublement présentes dans la maison durant le temps où Tommy s'y trouvait ont été prêtées par l'église presbytérienne. A l'extérieur, un jardin a été reconstitué.
13 pièces d'ameublement présentes dans la maison durant le temps où Tommy s'y trouvait ont été prêtées par l'église presbytérienne. A l'extérieur, un jardin a été reconstitué.13 pièces d'ameublement présentes dans la maison durant le temps où Tommy s'y trouvait ont été prêtées par l'église presbytérienne. A l'extérieur, un jardin a été reconstitué.

13 pièces d'ameublement présentes dans la maison durant le temps où Tommy s'y trouvait ont été prêtées par l'église presbytérienne. A l'extérieur, un jardin a été reconstitué.

Pendant ces 12 années, le jeune Tommy occupait cette chambre qu'il partagea avec son jeune frère les dernières années de son séjour. Tommy était le surnom du jeune Wilson mais quelques années plus tard, alors qu’il fréquentait la faculté de droit, on lui fit remarquer que celui-ci faisait trop "familier" et qu'il conviendrait de se faire connaitre sous un nom plus présentable. C'est ainsi que le futur président prit son deuxième prénom qui n'était que le nom de jeune fille de sa mère, pratique très courante à l'époque dans cette région des USA.

Pendant ces 12 années, le jeune Tommy occupait cette chambre qu'il partagea avec son jeune frère les dernières années de son séjour. Tommy était le surnom du jeune Wilson mais quelques années plus tard, alors qu’il fréquentait la faculté de droit, on lui fit remarquer que celui-ci faisait trop "familier" et qu'il conviendrait de se faire connaitre sous un nom plus présentable. C'est ainsi que le futur président prit son deuxième prénom qui n'était que le nom de jeune fille de sa mère, pratique très courante à l'époque dans cette région des USA.

C'est dans ce cabinet que le pasteur préparait ses sermons...

...et dans cette pièce que la maman confectionnait tous les habits de la famille...

... qui outre les deux garçons susmentionnés comprenait deux filles.

Un peu à l'écart de la maison se tenait...

... la cuisine dont la pièce maitresse était ce superbe four avec deux compartiments de cuisson et chauffe-plats.

Si d'aventure, vos pas vous mènent dans cette région, cette visite vaut vraiment le coup !

 

 

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28 juillet 2019 7 28 /07 /juillet /2019 13:05

Outre Atlantique (over there)

Dans la plupart des courriers retrouvés, les soldats ne se plaignent pas de leur sort. « Je me trouve  généralement en bonne santé même si dans mon cas, je viens de passer 21 jours en hôpital pour cause d’oreillons et de pneumonie. J’apprécie l’attention que l’on m’a portée à ce moment. Je me trouve bien logé, bien nourri et j’apprécie mon lieu de casernement ». (JC Holland – 08-18).

« Pour $5000, j’ai contracté une assurance sur la vie et en cas de handicap total. » (JC Holland-11/17).

« J’ai passé un bon Noël grâce à la Croix Rouge et au YWCA avec de la dinde au diner et quelques beaux cadeaux. » (J.C. McElroy-01/18)

« J’ai passé un bon Noël grâce à la Croix Rouge et au YWCA avec de la dinde au diner et quelques beaux cadeaux. » (J.C. McElroy-01/18)

« Je ne me plains pas du tout de mon traitement : j’apprécie mon nouveau cadre de vie même si celle-ci est différente et je n’ai pas le mal du pays. J’apprécie la rencontre avec les autres soldats. Même si la traversée a été longue et fatigante, tout s’est bien passé. Je suis même devenu « gras comme un cochon, sans doute parce que je n’ai pas, contrairement  à mes compères, « nourri les poissons »… Mon capitaine traite bien ses hommes. J’ai suffisamment à fumer et de quoi me vêtir. Mes quelques plaintes concernent le manque de tabac à chiquer, la cherté des bonbons et les oreillons qui ont atteint quelques soldats. » (H.N. Brock-11/17,12/18)

« Je ne suis pas intéressé par les filles et les veuves françaises… » (HN Brock 11-17)

En janvier 1918, J.C. McElroy « a passé un bon Noël grâce à la Croix Rouge et au YWCA avec de la dinde au diner et quelques beaux cadeaux ».

J.C. Holland, bien qu’il ait « passé un bon Noél avec un sapin pour les réfugiés et les enfants français, ne peut s’empêcher de repenser aux précédents. Donc, afin de hâter son retour, il prend la résolution « d’être un meilleur soldat et de tuer plus cette année que l’an passé !»

Il a reçu des photos et des lettres et redemande des deux. » (01/18)

H.N. Brock informe son père que « les soldats arrivent en grand nombre en France. Envoyez-moi des journaux et magazines, rareté outre-Atlantique. Les commerçants nous font payer 3 fois plus cher les produits que les Français. Nous sommes payés en Francs. D’après un soldat français revenant des tranchées, les Allemands sont effrayés par les Américains. » S’ensuit une intéressante comparaison entre attelages de ferme américains et français. (02/18)

H.N. Brock informe son père que « les soldats arrivent en grand nombre en France. Envoyez-moi des journaux et magazines, rareté outre-Atlantique. Les commerçants nous font payer 3 fois plus cher les produits que les Français. Nous sommes payés en Francs. D’après un soldat français revenant des tranchées, les Allemands sont effrayés par les Américains. » S’ensuit une intéressante comparaison entre attelages de ferme américains et français. (02/18)

J.C. Holland répond au courrier de son frère : « Le mauvais temps que vous avez n’est rien à côté du nôtre. Je ne suis pas encore allé à Paris mais j’irai si j’en ai la chance. » (02/18)

J.S. Robertson décrit « les repas comme bons et le travail léger. Notre souci est le courrier qui ne peut être aussi rapide et fréquent qu’aux USA. Même une carte postale à 1 cent est très appréciée. Les Français sont très polis avec nous et nous regardent passer dans les villages. » (02/18)

HH Richards présente à sa sœur son emploi du temps « Après une bonne journée de travail et le souper, j’ai le temps d’écrire avant que le soleil ne se couche. Nous avons de longs jours ici et de courtes nuits. Après le souper, nous pouvons écrire à la maison, aller en ville, faire notre lessive, aller au YMCA, jouer au ballon, voir un spectacle ou avoir d’autres amusements. Tu vois que pour ce qui est de passer notre temps, nous avons plein de possibilités.

J’ai entendu hier soir une jeune belge raconter ses souffrances endurées par elle et son petit pays. Les enfants y récitent leur prière en disant « Notre Père, donnez-nous notre pain américain quotidien. » Leur ration pour un jour : une petite tranche de pain et une pinte de soupe (0,5 l). Il n’y a pas de travail et s’il y en a, on est payé 1 Franc par jour (18 cents). Prions pour que nous n’ayons pas à voir ça un jour en Amérique.

Je suis content que tu aies une nouvelle voiture. La Buick est vraiment une bonne voiture.  Je pensais que les soldats en France appréciaient tout ce qui arrivait des Etats-Unis mais maintenant je le sais d’expérience. Je me sens parfois seul mais telle est ma nature dès que je suis loin de la maison. Le travail que j’effectue chaque jour me plait. Nos jours sont longs : pas de retour avant 8 heures....

... Nous avons un YMCA proche de notre caserne semblable à celui que tu as visité. Nous en profitons car c’est un bon endroit pour les soldats durant leur temps libre. Il y a un bon spectacle ce soir comme hier.

Bien sûr que je suis encore avec Harry Griffin. Nous avons une couchette commune et nous rêvons aux futurs projets. Nous irons en ville demain soir si nous ne sommes pas trop fatigués. Tu rirais si tu me voyais essayer d’acheter quelque chose ici.

J’ai reçu une lettre ce jour d’Otis et je hais d’être loin de lui mais il arrive que les meilleurs amis soient séparés parfois. N’oubliez pas de décorer les tombes de nos parents en mai et faites-le pour moi.

Notre frère Wiley semble attendre une grosse récolte de sirop cette année mais dis-lui de prendre du repos et de ne pas trop travailler. »

« Ce jour est celui où l’on peut écrire à sa mère si l’on en a une ce qui n’est pas mon cas. Depuis que nous avons célébré la fête des mères l’an passé, j’ai perdu la meilleure au monde, passé 9 mois dans l’armée dont 6 en France. Considérons ce que les prochains 12 mois vont nous apporter : personne ne le sait mais chacun espère qu’une paix durable adviendra. Quand je vois les autres de l’escadron écrire à leur mère, j’ai le cœur serré. Toutefois je n’oublie pas ses leçons. Aujourd’hui, les dames du YMCA nous servent des doughnuts comme les font nos mamans mais ça ne nous empêche pas de penser à ceux qui sont à la maison. » J.C. McElroy

« Ce jour est celui où l’on peut écrire à sa mère si l’on en a une ce qui n’est pas mon cas. Depuis que nous avons célébré la fête des mères l’an passé, j’ai perdu la meilleure au monde, passé 9 mois dans l’armée dont 6 en France. Considérons ce que les prochains 12 mois vont nous apporter : personne ne le sait mais chacun espère qu’une paix durable adviendra. Quand je vois les autres de l’escadron écrire à leur mère, j’ai le cœur serré. Toutefois je n’oublie pas ses leçons. Aujourd’hui, les dames du YMCA nous servent des doughnuts comme les font nos mamans mais ça ne nous empêche pas de penser à ceux qui sont à la maison. » J.C. McElroy

J. S. Robertson nous parle de « La vie en France qui n’est pas qu’obus et bombes les genoux enfoncés dans les tranchées pleines de boue et de sang. Le sujet de cet article n’est pas la guerre ou des machines volantes mais les attractions civiles. Maintenant que l’été est là, beaucoup peut être accompli : les chemins sont bien tracés et délimités par des cailloux blancs, les espaces libres des terrains d’aviation ont été joliment transformés. Ceci est la fierté des aviateurs américains que d’être comme à la maison. Ceci se poursuit dans leurs cabanes où ils ont fait des casiers, des bibelots  et des milliers de choses pour être plus à l’aise. Les terrains de sports sont bien entretenus et très fréquentés par la majorité des hommes sans doute pendant qu’à la maison, nos êtres chers pensent que nous sommes au milieu d’une bataille sanglante...

...Les baraquements de la Croix Rouge et du YMCA sont les meilleurs amis que l’on peut avoir ici car on peut y rencontrer de vraies femmes à qui parler et qui nous comprennent et chiquer ou fumer avec nos copains...

...Les baraquements de la Croix Rouge et du YMCA sont les meilleurs amis que l’on peut avoir ici car on peut y rencontrer de vraies femmes à qui parler et qui nous comprennent et chiquer ou fumer avec nos copains...

  ...D’un autre point de vue, être en France est une grande expérience qui fera de votre fils un homme. Dire que « l’armée fera ou défera un homme » est faux. Elle fera ressortir ce qu’il y a de bon en lui. Il reviendra plus fort mentalement à cause de l’éducation au monde et moralement. L’armée lui donne une plus grande expérience du bien et du mal, de ce qui est important dans la vie. Votre garçon est une part importante d’une grosse machine et il en est fier.

Ce ne sont là que quelques phrases destinées à mettre un peu de baume au cœur des mères et des amis. Ce n’est pas une histoire de guerre ou de machines volantes mais celle du combat pour la liberté américaine. Pour certains, la guerre est synonyme de tranchées, pour d’autres, gros canons ou encore combat dans les airs mais pour ceux qui la conduisent, ce n’est qu’une affaire. Je suis à l’hôpital américain pour l’ablation des amygdales. Je pense pouvoir en sortir dans une semaine.

Ici, nous avons les meilleurs chirurgiens au monde et les meilleures infirmières, toujours souriantes quelles que soient leurs occupations. Trois fois « hourrah » pour la Croix Rouge. Si nos compatriotes pouvaient voir ce qu’elle fait avec le YMCA pour nous faire sentir comme à la maison. Ces organisations sont les amies des soldats. Quand nous ne sommes pas au travail, quel plaisir de voir Charley au Y, danser avec une jolie infirmière de la Croix Rouge ou même jouer aux dames.

Réjouissez-vous, nous sommes heureux et nous travaillons comme des diables pour terminer ce petit travail déplaisant ici. »

« J’ai enfin trouvé le temps et une enveloppe pour vous écrire ces quelques lignes. J’espère que vous appréciez la vie. Je suis gras comme jamais.

J’ai eu une longue discussion avec Grady hier et cela m’aide beaucoup. James et lui ont passé l’après-midi avec moi. Vous voyez que j’ai pas mal d’occasions d’échanger entre anciens. J’ai aussi vu Arlin et je pense le revoir car il est près.

Je suis désolé pour la santé de tante Amanda. J’ai peur qu’elle et les autres aient une mauvaise idée de ce qui se passe ici et s’en fassent trop. J’aimerais que vous voyiez par vous-mêmes comment nous sommes situés et le peu de chance que nous soyions blessés. Bien sûr, il y a toujours un risque mais au moment où l’on va dans les villages français et où les habitants font leur travail comme à l’accoutumée, on ne croirait pas qu’il y a la guerre s’il n’y avait pas le canon occasionnellement.

Nous mangeons bien, avons suffisamment de place pour dormir, plein de distractions et pas de quoi s’en faire si ce n’est que notre famille à la maison s’inquiète de trop. De plus, cette guerre ne peut pas durer toujours. Nous pensons tous, comme un seul homme, que la fin n’est pas loin. Pensez plutôt à l’heureux moment que nous aurons quand nous reviendrons.

Votre dernière lettre datait du 25 juin alors que Grady en a reçu du 30. J’espère donc en recevoir une ou plus cette semaine. J’aurais aimé écrire plus tôt mais j’étais à court d’enveloppes et j’ai dû emprunter celle-ci.

Vous pouvez faire lire mes lettres à Ruth, Comer et les autres : qu’ils m’écrivent quand ils le sentent et je leur répondrai. » (D. McLendon-07/18)

« Je vais bien et j’espère que vous avez une bonne récolte et que Pa gère bien l’affaire. Nous n’avons pas eu de problèmes pendant la traversée. » (J.B. McWorther-07/18)

 « Il y a une semaine environ, plusieurs officiers supérieurs et moi-même avons reçu l’ordre d’aller dans une petite ville près de notre quartier général où un grand système d’écoles a été établi. Nous y avons reçu deux semaines de cours et de conférences pour nous donner les derniers développements de la guerre durant ces derniers mois pour nous permettre d’être au courant des dernières idées et méthodes de combat. J’ai laissé temporairement mon régiment aux mains du lieutenant-colonel. Nous en sommes à la moitié présentement. » (Col. E.I. Brown – 07/18)

« Tu me dis que tu me voyais grâce à ton imagination mais je suis sûr que tu ne me représentais pas tournant l’appareil à glace. Nous avions décidé que nous devions avoir des glaces. Nous nous sommes débrouillés pour avoir un congélateur et il m’est revenu d’acheter des œufs (90 cents la douzaine) et du lait. Ainsi, en fin d’après-midi, notre travail fini, notre équipe s’est retrouvée pour faire la glace. Bien que nous n’ayons pas exactement tout ce qu’il nous fallait, il ne nous a pas fallu beaucoup de temps pour avoir de la bonne glace. J’ai déjà mangé mieux mais tu sais que je suis difficile dans ce domaine.

Il viendra un jour où chacun(e) sera fier(e) de la part qu’il (elle) a pris pour aider à gagner cette horrible guerre.

J’aurais aimé que tu entendes au moins 10 minutes un de nos gars revenant du front. Vive les Américains. Ce sont de gros mangeurs et de bons combattants. » (H. Richards – 08/18)

A  suivre...

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21 juillet 2019 7 21 /07 /juillet /2019 15:08

La vie sous les drapeaux

« J’ai peut-être tort mais je pense que j’ai le meilleur des caporaux sans doute parce qu’il est du sud ensoleillé. Les amis, vous pouvez bourrer votre pipe et la fumer mais les vieilles collines rouges de Géorgie sont la place de ce gars.

Il y a encore 7 gars du sud ici (Hôpital, Fort Revere)...

... Depuis que je suis sous les drapeaux, je peux profiter des deux organisations que sont la Croix Rouge et le YMCA. C’est vraiment bien pour les filles de pouvoir montrer leur patriotisme en s’engageant dans l’une des deux.

Mères, arrêtez de prier pour vos fils en kaki : j’espère que nous serons bientôt de retour et que nous pourrons parler de tout cela du début jusqu’à la fin.

Si le temps se rafraîchit beaucoup plus, je vais imiter le serpent. » (H.L. Lee – 09/18)

« Nous avons eu un spectacle par une troupe de New York et nous avons apprécié car c’était la première fois depuis que nous sommes ici. On avait l’impression de n’être pas très loin de la maison. Ce n’est qu’une petite part de ce que fait le YMCA pour nous. Sans cela la vie serait bien terne (comme j’avais pu le constater à Dauphin Island). Nous avons aussi des séances de cinéma mais pas de bon théâtre. » (A. E. Nixon – 09/19)

La censure

Elle existe mais il est difficile de l’apprécier dans les détails. Les soldats, en poste à l’étranger) localisent leurs courriers par «quelque part en France (Angleterre… )»

« Comme vous le savez, nous ne pouvons écrire beaucoup sur chaque sujet. » (H. Burns – 11/17)

« Comme vous le savez, nous ne pouvons écrire beaucoup sur chaque sujet. » (H. Burns – 11/17)

« Nous ne pouvons écrire que sur des questions personnelles et vos lettres doivent être tapées à la machine » (B. Fleming - 01/18).

« Je ne peux donner aucune nouvelle de la guerre : pour cela il te faudra lire les journaux papa. » (HN Brock-11/17)

« Nous ne sommes pas autorisés à donner les noms de lieux ni à envoyer des cartes postales les représentant. J’aimerais bien faire la récolte avec vous et parler un moment mais c’est impossible car nous ne pouvons pas écrire beaucoup de choses comme parler des lieux, dates, mouvements etc. Ceci dit, cela ne vous apporterait pas grand-chose. » (J.B. McWhorther-07/18)

« Quand j’ai recueilli les lettres pour les censurer ce soir-là, chacun racontait à sa femme ou à sa petite amie qu’il avait vu la femme du Président. » (R. L. Sharpe – 08/18)

« Quand j’ai recueilli les lettres pour les censurer ce soir-là, chacun racontait à sa femme ou à sa petite amie qu’il avait vu la femme du Président. » (R. L. Sharpe – 08/18)

« Je ne peux pas vous écrire toutes les nouvelles car la censure a des ciseaux bien aiguisés. » (H.D. Merrell – 09/18)

" Mittie, j’aurais aimé écrire plus tôt mais je suis au front depuis un mois et je n’avais pas le temps. J’ai un moment de repos maintenant. J’aimerais vous parler de tout mais c’est secret. Je le ferai au retour. » (G. Hughey – 08/18)

" Mittie, j’aurais aimé écrire plus tôt mais je suis au front depuis un mois et je n’avais pas le temps. J’ai un moment de repos maintenant. J’aimerais vous parler de tout mais c’est secret. Je le ferai au retour. » (G. Hughey – 08/18)

A suivre

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14 juillet 2019 7 14 /07 /juillet /2019 15:22

Le grand départ

Nous vivons les derniers préparatifs avant la traversée. Rappelons que la plupart des garçons de Carroll n'ont jamais vu la mer...

Camp Funston, Kansas

« Nous n’avons qu’un sujet dans notre préparation : chasser les Huns. Nous serons au port d’embarcation le 20 septembre. Nous avions peur que la guerre soit terminée sans nous  avoir donné la possibilité de renvoyer l’ennemi au-delà du Rhin. On ne nous aurait pas tant entrainé au lancement de grenade, combat à la baïonnette dans les tranchées et tir au fusil si ce n’était pas pour nous envoyer. J’aurais aimé être près pour aller  à la maison avant la traversée mais ce n’est pas possible. Nous n’aurons plus de permissions. Si vous pouviez être au port, ce serait une heureuse rencontre. Nous ne savons pas de quel port nous partons et ne le saurons qu’en étant sur place...

« Nous n’avons qu’un sujet dans notre préparation : chasser les Huns. Nous serons au port d’embarcation le 20 septembre. Nous avions peur que la guerre soit terminée sans nous avoir donné la possibilité de renvoyer l’ennemi au-delà du Rhin. On ne nous aurait pas tant entrainé au lancement de grenade, combat à la baïonnette dans les tranchées et tir au fusil si ce n’était pas pour nous envoyer. J’aurais aimé être près pour aller à la maison avant la traversée mais ce n’est pas possible. Nous n’aurons plus de permissions. Si vous pouviez être au port, ce serait une heureuse rencontre. Nous ne savons pas de quel port nous partons et ne le saurons qu’en étant sur place...

...Nous avons une lourde charge à porter et de plus, 250 balles pour nos munitions. Pour la pratique religieuse, il suffit de nous rendre chaque dimanche matin au YMCA. Après la traversée, je vous enverrai des souvenirs et une longue lettre. » (G.C. Croockett – 09/18)

...Nous avons une lourde charge à porter et de plus, 250 balles pour nos munitions. Pour la pratique religieuse, il suffit de nous rendre chaque dimanche matin au YMCA. Après la traversée, je vous enverrai des souvenirs et une longue lettre. » (G.C. Croockett – 09/18)

« Ma section (500 hommes) atterrit à Camp Upton* après avoir quitté Camp Hancock, il y a 15 jours. A 50 miles de l’autre côté de New York, c’est un camp typique du nord. C’était un bon voyage de 50 heures où j’ai essayé de divertir les gars de mon mieux. Tout le long, la Croix Rouge vint à la rescousse et ils étaient contents. Il faut les voir comme des enfants qui, loin de leur mère, leur maison et leurs amis « veulent quelque chose ». C’est ce que j’ai fait. J’avais plein de jeux, de quoi faire du courrier, des carnets de chants en libre accès. Dans une voiture, j’avais ceux qui chantaient, dans une autre ceux qui jouaient. J’avais aussi 500 livres et 1000 magazines que je faisais circuler. Je prenais à part certains soldats dans ma chambre pour leur parler, écouter leurs histoires. Nous avons bien ri. J’avais aussi à leur disposition plein d’en-cas (lait, bonbons, tartes, gâteaux etc…). C’était comme une grande famille même s’il y avait environ quinze nationalités différentes et peut-être autant de religions…

* Camp Upton fait partie des trois camps de transit avant la traversée... (NDLR)

...J’ai appris que chaque gars est droit si on le touche en particulier en lui offrant des présents ou en acceptant de partager quelque chose. Dans le train, la nuit, nous avons voyagé sans lumière. On peut imaginer la cohue dans ces conditions. A l’arrêt de Washington, nous avons eu le droit de descendre du train et de rendre visite à la cantine de la Croix Rouge pour y recevoir du café et des sandwichs. Ils sont très efficaces car ils sont arrivés à servir 1000 hommes en une heure...

...J’ai appris que chaque gars est droit si on le touche en particulier en lui offrant des présents ou en acceptant de partager quelque chose. Dans le train, la nuit, nous avons voyagé sans lumière. On peut imaginer la cohue dans ces conditions. A l’arrêt de Washington, nous avons eu le droit de descendre du train et de rendre visite à la cantine de la Croix Rouge pour y recevoir du café et des sandwichs. Ils sont très efficaces car ils sont arrivés à servir 1000 hommes en une heure...

...J’ai pu échanger 5 minutes avec la femme du Président Wilson (ci-dessus) à propos de nos petits incidents de parcours. Je lui ai parlé de Tante Celina, la sorcière des Montagnes du Kentucky qui se vantait de garder au pouvoir le Président. Elle a demandé son adresse en rigolant pour pouvoir lui écrire en lui demandant d’arrêter car elle le voulait pour elle. Je lui ai promis une belle photo pour la Maison Blanche. Au moment du départ, elle s’est tenue devant la cantine en souriant aux soldats...

...J’ai pu échanger 5 minutes avec la femme du Président Wilson (ci-dessus) à propos de nos petits incidents de parcours. Je lui ai parlé de Tante Celina, la sorcière des Montagnes du Kentucky qui se vantait de garder au pouvoir le Président. Elle a demandé son adresse en rigolant pour pouvoir lui écrire en lui demandant d’arrêter car elle le voulait pour elle. Je lui ai promis une belle photo pour la Maison Blanche. Au moment du départ, elle s’est tenue devant la cantine en souriant aux soldats...

 

...Quand nous sommes arrivés en vue de New York, il y a eu un grand cri de joie dans le train. J’ai passé plusieurs jours à être attentif aux besoins des gars et recevoir plein d’idées sur mon travail à Camp Hancock, en France, là où je me trouverai. Il y a beaucoup à faire ici et j’ai fait de mon mieux pour faciliter la fin de cette guerre. 

J’ai passé un jour merveilleux à Long Island sur la côte à l’invitation de la veuve d’un millionnaire et je me suis aussi amusé dans quatre autres maisons dont le mode de vie est si diffèrent du nôtre.

Je suis bientôt à la fin de ma mission et devrais quitter ces 500 gars que je reverrai ou pas en France. 

J’ajoute que je suis heureux de ce travail et que chacun doit faire tout son possible pour gagner cette guerre.» (R. L. Sharpe – 08/18)

Camp Merritt (New Jersey)

Le Carroll Free Press introduit (juin 18) le courrier de D. Merrell en précisant que celui-ci est un ancien employé du journal, qui, un an plus tôt s’est engagé car il avait déjà une expérience militaire.

« Les troupes du sud sont arrêtées ici pour recevoir le reste de leur équipement. C’est un très grand camp, le dernier arrêt avant la traversée. Le temps est bon même si l’on doit dormir sous nos couvertures car il fait plutôt froid. C’est bien la première fois que j’ai froid en juin. Nous devons nous rendre au port distant de 13 miles pour embarquer lundi ou mardi. Nous avons eu des ennuis avec les nègres qui utilisent les mêmes bâtiments Y.M.C.A. que nous. Bien sûr, nous avons refusé de nous asseoir aux mêmes tables. De là, quelques accrochages jusqu’à ce que les nègres apprennent à aller ailleurs. Le ministère de la guerre nous a fait voyager en train de jours mais deux jours et une nuit dedans étaient très fatigants. Nous avons été traités royalement tout le long avec des rafraichissements servis par la Croix Rouge. Nous sommes arrivés à New-York jeudi à 5 heures et nous avons rejoint le camp distant de 14 miles. »

« Les troupes du sud sont arrêtées ici pour recevoir le reste de leur équipement. C’est un très grand camp, le dernier arrêt avant la traversée. Le temps est bon même si l’on doit dormir sous nos couvertures car il fait plutôt froid. C’est bien la première fois que j’ai froid en juin. Nous devons nous rendre au port distant de 13 miles pour embarquer lundi ou mardi. Nous avons eu des ennuis avec les nègres qui utilisent les mêmes bâtiments Y.M.C.A. que nous. Bien sûr, nous avons refusé de nous asseoir aux mêmes tables. De là, quelques accrochages jusqu’à ce que les nègres apprennent à aller ailleurs. Le ministère de la guerre nous a fait voyager en train de jours mais deux jours et une nuit dedans étaient très fatigants. Nous avons été traités royalement tout le long avec des rafraichissements servis par la Croix Rouge. Nous sommes arrivés à New-York jeudi à 5 heures et nous avons rejoint le camp distant de 14 miles. »

Un jour de juillet 18, de ce camp, G. B. Wilson fait ses adieux à sa mère car il prend le bateau de 12 heures : «  Je souhaite à tous bonne chance et ne vous tracassez pas car si je ne revenais pas, je vous retrouverais dans un endroit meilleur. Vous n’aurez jamais entendu de telles prières que les nôtres depuis que nous sommes ici et que nous faisons nos adieux à nos femmes et enfants. Je vais vous envoyer un badge pour le porter en permanence mais s’il-vous-plait, ne vous en faites pas pour moi. »

 

«Maman, Je suis arrivé au port d’embarcation hier après-midi et je n’ai pas abandonné l’idée de te revoir avant de partir. Ne t’inquiète pas pour moi car je crois en mon Sauveur s’il m’appelle. Je le remercie pour les parents qu’il m’a donnés et cela me prendra du temps de vous rendre ce que vous m’avez apporté. La plupart des gars prêts à partir sont de Géorgie et sont très calmes et deux d’entre nous sont des officiers parmi les plus raffinés d’Amérique. Le voyage pour venir ici s’est bien déroulé même si je ne l’ai pas aimé. Dans toutes les villes où nous nous sommes arrêtés, nous avons été bien traités spécialement pas la Croix Rouge qui nous a servi du café, des fruits et des cartes postales pré-timbrées. Nous avons traversé 5 états dont ceux très montagneux du Tennessee et de Virginie. Là où nous sommes passés dans le Maryland, ils font pousser du blé et du maïs. De champ en champ, nous avons vu des meules aussi larges que ta grange. J’ai aussi vu de grands champs de tabac, de choux et de sarrasin et d’autres choses que je n’avais jamais vues auparavant. Si ce n’avait été pour la raison que tu connais, ça aurait pu être un grand voyage pour moi mais je ne pouvais m’empêcher de penser à la maison...

... Pensez à m’écrire à l’encre car la mine d’un crayon pourrait être effacée pendant la traversée.

Nous sortons d’un bon souper bien meilleur que ceux de Greenleaf en quantité et en qualité. Je préfère ce camp à bien des points de vue : les salles de bain sont plus belles ici que le hall du mess là-bas et les dortoirs sont bien construits. Je pense qu’ils doivent être confortables en hiver.

Je n’aime pas faire de virement mais je n’ai pas été payé ce mois et les dépenses ici sont plus importantes que ce que l’on pourrait penser. » (W Ayers – 09/18)

 

 

« Nous allons partir bientôt pour la France car ici, c’est seulement un camp de passage. J’ai plein d’argent que je vais envoyer à la maison car je n’en ai pas beaucoup l’utilité maintenant.

Maman, je t’ai demandé un chandail dont je n’ai pas besoin maintenant mais plus tard en saison. Envoie-moi le quand tu peux.

Ne vous en faites pas pour moi : je mange beaucoup et ai de bons officiers.

Dites-moi si vous voulez rapatrier le corps de mon frère et si oui, j‘y consacrerai mon temps libre. Je vais essayer d’aller sur sa tombe dès que possible.

C’est un beau pays avec de merveilleux paysages. » (H.W. Holland – 09/18)

« C’était un beau voyage qui m’a plu : deux jours et deux nuits avant la descente du train. Partant de Camp Gordon, nous avons traversé 5 états dont la Caroline du Nord et la Virginie et un sixième en partie. A la descente, nous étions à New York. Dans les villes où nous nous sommes arrêtés, les filles de la Croix Rouge nous rassasiaient et nous donnaient aussi du tabac...

« C’était un beau voyage qui m’a plu : deux jours et deux nuits avant la descente du train. Partant de Camp Gordon, nous avons traversé 5 états dont la Caroline du Nord et la Virginie et un sixième en partie. A la descente, nous étions à New York. Dans les villes où nous nous sommes arrêtés, les filles de la Croix Rouge nous rassasiaient et nous donnaient aussi du tabac...

... C’est une belle organisation. C’est le plus beau pays que j’ai jamais vu, aussi plat et lisse qu’un plancher. On y cultive du coton et du maïs comme chez nous.
Je ne pense pas que nous allons rester longtemps. »
(D. Williamson – 10/18)

Ils sont arrivés !

 

 

 

 

« J’ai été malade pendant 4 à 5 jours après que nous ayons abordé. Ce fut un rude voyage où j’ai été malade la plupart du temps.

J’ai besoin de m’acclimater car le temps est diffèrent ici de ce nous connaissons chez nous. J’ai attrapé un refroidissement en arrivant...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 ... Je ne pense pas que nous restions très longtemps. Ils tiennent leur ligne mais ne prennent aucune initiative. S’ils ne font pas des négociations de paix, nous allons les mettre en déroute. » (W. Ayers- 10/18)

 

Entrée au port de Brest d'un navire américain escorté par un zeppelin français.

« Nous avons vu beaucoup de choses mais tous avaient besoin de repos en arrivant ici. Beaucoup de gars ont été malades sauf moi sans doute parce que j’avais déjà eu le mal de mer. Par beau temps, la traversée a été sans problème. Il nous a fallu voyager beaucoup en train et marcher de même à pied et nous étions aussi gais que lorsque nous avons quitté Fort Morgan. » (A.E. Nixon – 09/18)

A suivre...

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8 juillet 2019 1 08 /07 /juillet /2019 08:56

  

Décision fut prise dans notre couple de fêter dignement notre anniversaire de mariage. Plusieurs villes de la région n'ayant pas encore reçu notre visite, le choix définitif s'est porté sur Augusta. De par son nombre d'habitants (c'est la deuxième ville de Géorgie), elle offre de nombreuses possibilités. L'espace d'un week-end, nous en avons exploré un bon nombre. Un deuxième article suivra...

Sur Broad Street, nous avons été séduits par ces fontaines.
Sur Broad Street, nous avons été séduits par ces fontaines.
Sur Broad Street, nous avons été séduits par ces fontaines.

Sur Broad Street, nous avons été séduits par ces fontaines.

Dans la même avenue, des artistes locaux ont pris l'initiative d' « habiller » des arbres et des lampadaires. Cessany pense que ce type de décoration convient mieux à ces derniers. Et vous ?Dans la même avenue, des artistes locaux ont pris l'initiative d' « habiller » des arbres et des lampadaires. Cessany pense que ce type de décoration convient mieux à ces derniers. Et vous ?Dans la même avenue, des artistes locaux ont pris l'initiative d' « habiller » des arbres et des lampadaires. Cessany pense que ce type de décoration convient mieux à ces derniers. Et vous ?
Dans la même avenue, des artistes locaux ont pris l'initiative d' « habiller » des arbres et des lampadaires. Cessany pense que ce type de décoration convient mieux à ces derniers. Et vous ?Dans la même avenue, des artistes locaux ont pris l'initiative d' « habiller » des arbres et des lampadaires. Cessany pense que ce type de décoration convient mieux à ces derniers. Et vous ?Dans la même avenue, des artistes locaux ont pris l'initiative d' « habiller » des arbres et des lampadaires. Cessany pense que ce type de décoration convient mieux à ces derniers. Et vous ?
Dans la même avenue, des artistes locaux ont pris l'initiative d' « habiller » des arbres et des lampadaires. Cessany pense que ce type de décoration convient mieux à ces derniers. Et vous ?Dans la même avenue, des artistes locaux ont pris l'initiative d' « habiller » des arbres et des lampadaires. Cessany pense que ce type de décoration convient mieux à ces derniers. Et vous ?

Dans la même avenue, des artistes locaux ont pris l'initiative d' « habiller » des arbres et des lampadaires. Cessany pense que ce type de décoration convient mieux à ces derniers. Et vous ?

Nous avons particulièrement apprécié le Musée d'histoire. Celui-ci accueille toutes les manifestations de la vie locale de la préhistoire à nos jours. 

La ville située sur la rivière Savannah a joué un rôle important dans le traitement et l'expédition du coton.
La ville située sur la rivière Savannah a joué un rôle important dans le traitement et l'expédition du coton.
La ville située sur la rivière Savannah a joué un rôle important dans le traitement et l'expédition du coton.
La ville située sur la rivière Savannah a joué un rôle important dans le traitement et l'expédition du coton.

La ville située sur la rivière Savannah a joué un rôle important dans le traitement et l'expédition du coton.

La plupart des constructions de la région étant en bois, les incendies étaient fréquents. Ci-dessus une pompe à incendie fonctionnant à la vapeur.

La plupart des constructions de la région étant en bois, les incendies étaient fréquents. Ci-dessus une pompe à incendie fonctionnant à la vapeur.

Depuis, la rivière a été aménagée pour son coté loisir. On peut flâner le long de ses berges sur des kilomètres. Une longue levée a été bâtie pour protéger la ville qui auparavant était soumise à des inondations dévastatrices.

Depuis, la rivière a été aménagée pour son coté loisir. On peut flâner le long de ses berges sur des kilomètres. Une longue levée a été bâtie pour protéger la ville qui auparavant était soumise à des inondations dévastatrices.

Cette maison (Old Government House) est l'ancien palais de justice du comté de Richmond. Elle fut aussi le siège de celui-ci de 1801 à 1821. Par la suite, elle devint résidence privée. En 1987, la ville d'Augusta la racheta pour en faire un lieu de réceptions.

Cette maison (Old Government House) est l'ancien palais de justice du comté de Richmond. Elle fut aussi le siège de celui-ci de 1801 à 1821. Par la suite, elle devint résidence privée. En 1987, la ville d'Augusta la racheta pour en faire un lieu de réceptions.

La cathédrale du Sacré-Cœur, aujourd'hui désaffectée, sert de nos jours de centre culturel accueillant des concerts, des expositions d'art, le festival du jardin et d'autres évènements.
La cathédrale du Sacré-Cœur, aujourd'hui désaffectée, sert de nos jours de centre culturel accueillant des concerts, des expositions d'art, le festival du jardin et d'autres évènements.
La cathédrale du Sacré-Cœur, aujourd'hui désaffectée, sert de nos jours de centre culturel accueillant des concerts, des expositions d'art, le festival du jardin et d'autres évènements.
La cathédrale du Sacré-Cœur, aujourd'hui désaffectée, sert de nos jours de centre culturel accueillant des concerts, des expositions d'art, le festival du jardin et d'autres évènements.
La cathédrale du Sacré-Cœur, aujourd'hui désaffectée, sert de nos jours de centre culturel accueillant des concerts, des expositions d'art, le festival du jardin et d'autres évènements.
La cathédrale du Sacré-Cœur, aujourd'hui désaffectée, sert de nos jours de centre culturel accueillant des concerts, des expositions d'art, le festival du jardin et d'autres évènements.

La cathédrale du Sacré-Cœur, aujourd'hui désaffectée, sert de nos jours de centre culturel accueillant des concerts, des expositions d'art, le festival du jardin et d'autres évènements.

Plusieurs jours par semaine, on peut trouver un marché. Nous avons été un peu déçus par celui-là qui proposait peu de produits en direct de la ferme.

Plusieurs jours par semaine, on peut trouver un marché. Nous avons été un peu déçus par celui-là qui proposait peu de produits en direct de la ferme.

Une deuxième visite s'impose ! Américano ne se privera de s'en faire l'écho !

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