Vivant aux USA et désirant répondre aux questions des amis et parents, j`ai créé ce blog. C`est une vue partielle (c`est tellement grand !) et partiale (ce n`est que mon histoire !) de ce qui je vis au jour le jour...
Depuis presqu’un an parait ce nouveau mensuel qui déjà s'est imposé sur la scène locale de l'édition assez tristounette par ailleurs.
Américano n'a pas raté l'occasion de rencontrer ses auteurs, trois étudiants locaux : Jason (Anglais), Megan (Education), Tyler (Journalisme). C'est plus spécialement Tyler qui a été chargé de l'interview : Reportage.
« Nous avons commencé de parler du projet il y a une année et nous avons fait une étude de faisabilité sur les plans financier (coût prévisionnel et rentrées publicitaires), technique (comment faire imprimer notre magazine, le vendre ou pas) et politique (débat autour de notre éthique). Dès le départ, nous nous sommes entendus pour ne pas faire de publi-reportages par exemple. C'est un projet difficile mais stimulant. Nous avons décidé de faire quelque chose de simple mais de bonne qualité sans engager d'argent... que nous n'avons de toute façon pas ! Nos achats se sont limités à l'acquisition de 6 boites pour y déposer les journaux dans les lieux de distribution de la ville. Nous nous sommes montés en Société à Responsabilité Limitée (Limited Liability Corporation), ce qui signifie que si la société coule, on ne saisit que ses avoirs et non nos biens personnels.
Le premier nom que nous avions choisi ayant été pris par une station de radio au même moment, nous avons voulu marquer notre attachement à la ville en nous référant à son lieu le plus emblématique (Adamson Square). C'est une coïncidence (heureuse certes) que le format soit aussi presque carré. Nous sommes en fait imprimés sur un format standard qui, une fois plié et coupé, donne cette forme au magazine....
Je suis le seul qui ait une expérience journalistique : lorsque j’étais dans la marine, j’ai été chargé de l’édition d’un magazine pour ce corps.
Les idées d'articles proviennent de plusieurs sources. Nos contacts nous donnent des sujets sur lesquels enquêter. Nous explorons la ville en recherche de nouveautés. Nous discutons dans les lieux publics. Nous recevons des invitations à participer à des rassemblements dont nous pouvons rendre compte. Des articles nous proviennent directement de contributeurs. Ceux-ci sont reçus à condition que ce ne soit pas des messages de haine.
Seules les trois personnes indiquées plus haut sont porteuses du projet. Nous avons aussi trois personnes qui contribuent en fournissant des articles de temps à autre.
Au niveau de la répartition du travail, Megan s'occupe plus spécialement de trouver les annonceurs, Jason de relire tout le magazine pour qu'il soit parfait sur le plan littéraire et moi je m'occupe plus spécialement de l'aspect journalistique.
Pour l'instant nos seules dépenses correspondent aux frais d'impression. Nos recettes proviennent de la publicité. Nous avons fait le choix d'être gratuit car faire payer engage des frais supplémentaires et par ailleurs, nous serions soumis à des taxes.
Sur le plan financier, nous réussissons à dégager parfois un peu de profit sur un numéro. Celui-ci est immédiatement réinvesti pour le numéro suivant. Nous sommes très contents d'avoir quelques annonceurs qui nous sont fidèles depuis le début.
Nous sommes imprimés à 2500 exemplaires en Alabama parce que c'est moins cher là-bas. Nous devons aller les chercher sur place. 1000 sont destines au placement dans les commerces locaux et 1500 sont distribués par nos soins à nos abonnés. C'est un processus de quelques heures où il faut placer dans un sac plastique chaque journal et nous allons le délivrer chez l'habitant.
Petit folklore local : ici, les boites aux lettres ne ferment pas à clé. Il est strictement interdit d'ouvrir une autre boîte que la sienne. Squared est ainsi "lancé" dans le jardin... (NDLR)
Actuellement, notre ambition est de stabiliser notre produit. Il est trop tôt pour dire ce que sera le futur et si nous chercherons à nous développer (par exemple au niveau du comté). A ce jour, nous avons l'impression d'avoir atteint notre objectif premier. Nous avons tenu un stand au festival du développement durable où nous avons pris plaisir à rencontrer nos lecteurs. Nous ne les connaissons pas vraiment, n’ayant pas procédé à une étude approfondie de notre lectorat... Cependant dans l'ensemble nos lecteurs prennent du plaisir à nous lire. »
Merci Tyler et bonne chance à toute l'équipe !