Vivant aux USA et désirant répondre aux questions des amis et parents, j`ai créé ce blog. C`est une vue partielle (c`est tellement grand !) et partiale (ce n`est que mon histoire !) de ce qui je vis au jour le jour...
Ce petit magasin comme son propriétaire m'avaient été chaudement recommandés alors que je construisais mon premier tambourin à cordes. J'ai fini par le dénicher... à Carrollton et par hasard !
Marc Agababian m'accueille volontiers et d'emblée m'informe qu'il a appris le français au lycée (frequent ici) mais qu'il a tout oubliée(tout aussi fréquent !). Qu'importe ; la conversation se poursuivra en anglais et si je ne suis pas content, je peux retourner ... en France où parait-il beaucoup de gens parlent français !
Mais pourquoi devenir luthier ?
"J'étais chauffeur routier mais en 1996, atteint de goutte, je ne pouvais plus effectuer mon métier. Je fus reconnu inapte pour ce travail. L'état me proposa donc de me reconvertir. Comme je lisais régulièrement des magazines de musique (genre Rock & Folk", j'avais remarqué des annonces d'écoles préparant au diplôme de luthier. J'effectuais la demande auprès d'employés déclarant ne rien connaître à cette voie professionnelle. L'état s'engageait à m'aider pour suivre la formation mais je devais me documenter sur le métier et rendre un dossier le présentant. Je fis effectivement un document d'une dizaine de pages. Je suis parti 3 mois dans le Michigan à Big Rapid pour effectuer cette formation.
Le diplôme ci-dessous l'atteste :
et en 1997, j'ouvrais mon premier magasin."
Que vous avez consacré exclusivement aux guitares ?
"Pas du tout car je peux intervenir sur tout d'instrument à cordes du même type: mandoline, banjo, violon, violoncelle. Concrètement, c'est ce qui se passe..."
Comment êtes-vous connu ?
"Uniquement par le bouche à oreille. Ça marche très bien puisque j'ai de plus en plus de clients. La clientèle est locale."
Mais pourquoi Daddy O's ?
"Daddy'O est un surnom que m'avait donné un ami musicien. Je ne connais pas vraiment l'origine de cette expression... C'est plutôt argotique."
Quel genre de réparations êtes-vous amené à effectuer ?
"C'est très divers : manche cassé, voilé, bois enfoncé, frettes manquantes ou déformés. Quelles que soient la nature de la réparation et la valeur de l'instrument, je prends le travail car je trouve ça intéressant. Je fais aussi de la restauration d'instruments plus anciens"
Illustration :
Le manche de cette guitare est courbé vers l'avant sous l'effet de la tension des cordes.
Le manche étant parcouru par une longue vis, Marc la resserre de façon à ramener le manche dans la position désirée : les cordes ne doivent pas être trop éloignées...
Vérification par l'oeil du maître.
Il reste à raccorder...
Comment trouvez-vous vos outils qui sont tres spécifiques semble-t-il ?
Je consulte des catalogues spécialisés (Stewart Mac Donald par exemple).
"Cette lime sert à aplanir les frettes qui au fil des ans se sont creusées sous l'action des cordes. Seuls les côtés liment.
"Je fabrique aussi certains outils en fonction de besoins bien précis."
La réparation est-elle votre seule activité ?
" Pas tout à fait car certains clients laissent des instruments en dépôt-vente. Je rachète aussi des instruments que je rénove puis vends."
Alors si vous jouez un peu de guitare, n'hésitez pas à rendre visite à Marc : il adore la compagnie. Même celle qui ne lui achète rien !
Privé de son instrument favori, ce guitariste vient passer un moment pour garder la main.
A bientôt Mark* !
* Vous l'aviez deviné : il est d'ascendance arménienne. Ses grands-parents ont fui les persécutions turques...
Mark ne réparera plus aucun instrument : la maladie a eu raison de lui.
Farwell Mark! You were a good guy!